Une décision marquante a été rendue par la Cour de cassation mercredi dernier, qui a annulé la condamnation de Grand Corps Malade. Cette invalidation a été réalisée au nom de « l'intérêt général » et de la liberté d'expression. La justice avait précédemment ordonné à l'artiste de retirer de sa chanson « Des gens beaux » des propos dégradants tenus par Fabien Lecœuvre à l'encontre de la chanteuse Hoshi.
Dans ce morceau publié en septembre 2021, Grand Corps Malade avait repris, pour les dénoncer, les commentaires du journaliste, le qualifiant d'« effrayante » et lui suggérant de confier ses œuvres à des interprètes « sublimes ». Ce dernier, connu pour ses interventions dans les émissions de Cyril Hanouna, avait ensuite présenté des excuses à Hoshi, alors victime de cyberharcèlement.
Sauvegarde de la liberté d'expression
La situation a pris un tournant en 2023, lorsque Lecœuvre a intenté une action en justice contre la société de production et Universal Music France, réclamant la suppression de sa voix dans la chanson. Un verdict de la cour d'appel de Paris a dans un premier temps défendu ses droits, mais la Cour de cassation a jugé différemment. Selon elle, il s'agissait d'un conflit entre le droit à la vie privée et la liberté d'expression, en faveur de ce dernier.
Un débat nécessaire sur le sexisme
Dans son arrêt, la Cour a souligné que les propos de Lecœuvre s'inscrivaient dans un débat public essentiel lié aux mouvements contre le sexisme et les violences faites aux femmes. La décision a été citée par des avocats comme un tournant pour la créativité artistique, célébrant la victoire du droit de création contre la censure.
Me Patrice Spinosi a exprimé sa satisfaction : « La censure a échoué face à la justice ». La chanson dont le contenu avait été contesté pourra à nouveau être diffusée, renforçant ainsi le combat de la liberté d'expression.
Réactions des acteurs du débat
Contacté par l'AFP, Fabien Lecœuvre a pris note de la décision de la Cour, tout en déclarant que son « combat est loin d'être terminé ». Il a posé la question cruciale de savoir si ses droits sur sa voix peuvent être éclipsés par la liberté artistique. Pour lui, cette décision pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble du milieu artistique.







