Lors de sa dernière session, la convention citoyenne sur les rythmes scolaires, initiée par Emmanuel Grégoire, a majoritairement soutenu le retour à la semaine de quatre jours, un modèle qui prévalait avant 2013 dans la capitale.
Le nouveau maire socialiste a promis de déterminer une position officielle d'ici le Conseil de Paris prévu pour la mi-juillet. La convention, qui vise à entendre diverses voix sur la protection et les temps de l'enfant, s'est tenue récemment à l'Hôtel de Ville.
Emmanuel Grégoire a précisé que même si les recommandations des parents d'élèves ne reflètent pas nécessairement ses convictions personnelles, il s'engage à étudier tous les scénarios évoqués, tout en exprimant une préférence pour les semaines de 4,5 jours, évoquées ailleurs dans la convention nationale lancée par Emmanuel Macron pour 2025.
Cette convention a présenté les résultats d'une consultation impliquant 77 parents d'élèves de 72 établissements scolaires parisiens, après un mois de rencontres avec des experts, des professionnels, des associations et des visites de terrain.
Actuellement, Paris est l'une des rares grandes villes à maintenir un périscolaire organisé sur 4 jours et demi, un système instauré avec la réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon en 2013. La majorité des autres villes sont revenues à un rythme de quatre jours, sans école le mercredi.
Dans les 620 écoles primaires publiques de la capitale, le programme scolaire se concentre sur cinq matinées, tandis que les après-midis des mardis et vendredis sont réservés à des « temps d'activités périscolaires » (TAP) gratuits, animés par des intervenants de la ville et des associations.
Si aucun consensus clair ne s'est dégagé concernant le passage à une semaine de 4 ou 5 jours, le modèle de quatre jours a reçu une large approbation avec 77 % de votes favorables, selon le rapport de la convention. Une des raisons invoquées est l’établissement de « repères stables » pour les enfants, ainsi qu'une « stabilisation des équipes » permettant des activités plus enrichies le mercredi.
Philippe Dervaux, rapporteur de la convention, souligne qu'un emploi du temps clair faciliterait le recrutement d'animateurs, ce qui serait essentiel pour résoudre les problèmes de désorganisation qui perturbent le secteur. Un parent d'élève, concerné par ces enjeux, a confié que beaucoup des dysfonctionnements dans les établissements parisiens découlent de cette désorganisation.
Concernant les violences signalées, la ville a suspendu 132 animateurs depuis janvier 2026, ce qui traduit une gravité perçue comme « systémique » selon Emmanuel Grégoire. Par conséquent, un plan d'action de 20 millions d'euros a été mis en place pour le périscolaire.
Un autre modèle, celui de la semaine de 5 jours avec des horaires identiques du lundi au vendredi, a obtenu 49 % d'approbation. Le désir de maintenir l'organisation actuelle, en modifiant seulement la répartition des TAP, a reçu moins de soutien.
L’ex-premier adjoint sous Anne Hidalgo a souligné que l'ancien système n’est plus satisfaisant et que des changements sont nécessaires.
Par ailleurs, la commission a insisté sur l'importance d'adapter les rythmes pour les classes de maternelle et d'élémentaire, prenant en compte les besoins spécifiques des plus jeunes, tels que la fatigue, les siestes et les horaires de démarrage.
Les membres de la convention ont également plaidé pour une meilleure continuité pédagogique entre les temps scolaires et périscolaires, comme l’instauration d’un conseil d’école commun, ainsi qu’un accroissement des taux d’encadrement.
« Je suis prêt à réaliser certaines mesures urgentes dès cet été pour les centres de loisirs, ou pour la rentrée de septembre », a rassuré M. Grégoire. Cependant, il a précisé qu'une réforme en profondeur des rythmes scolaires ne pourrait entrer en vigueur avant 2027.
Finalement, le maire a promis d’annoncer en juillet des mesures visant à « déprécariser » les conditions des animateurs périscolaires, où la plupart des 14.000 personnes employées sont en contrat vacataire.
Depuis l'élection d’Emmanuel Grégoire, les syndicats du secteur ont organisé des grèves pour exiger des recrutements afin de remédier à un sous-effectif considéré comme chronique, en outrepassant le taux d'encadrement légal. Ils ont également exprimé leurs inquiétudes au sujet d'un climat de suspicion généralisée, entraînant des suspensions d'agents sans discernement, principalement pour des allégations de violences éducatives ordinaires.







