Deux animateurs exerçant au sein du périscolaire de l'école Saint-Dominique à Paris ont été placés sous écrou vendredi dernier, étant soupçonnés de violences sexuelles sur des enfants. Une animatrice, quant à elle, a été mise sous le statut de témoin assisté, selon des sources judiciaires.
Une information judiciaire a été ouverte, touchant "un nombre significatif d'enfants", indique le parquet. Les deux hommes, âgés de 52 et 44 ans, sont d’origine brésilienne et camerounaise, respectivement, et ont été arrêtés suite à une série de plaintes concernant des actes à caractère sexuel.
Lors de l'audience, le principal suspect, un père de famille aux cheveux gris, a calmement entendu les accusations portées contre lui, assisté par un interprète. La juge des libertés a précisé qu’il était accusé de plusieurs incidents de viol ou d'agression sexuelle sur des mineurs de moins de 15 ans. Ses avocats ont exprimé des réserves face à la précipitation médiatique entourant cette affaire, soulignant que l’histoire judiciaire avait souvent montré que de telles situations pouvaient mener à des erreurs graves.
Le second suspect, d’origine camerounaise, est également mis en examen pour agression et exhibition sexuelle. Selon ses avocates, il conteste toutes les accusations, affirmant qu'aucune preuve objective ne soutient les déclarations contre lui.
Des sources proches de l'enquête ont estimé que cette information judiciaire visait à valider les nombreuses accusations fondées sur les témoignages des enfants. Dans un communiqué, les parents d'élèves, regroupés sous le collectif "Les petits héros de Saint-Do", ont exprimé leur fierté face au courage de leurs enfants qui, malgré des menaces, ont osé parler. Ils ont également dénoncé les institutions, accusant la ville de Paris et l'école de dissimuler des signalements préoccupants.
Cette enquête, qui concerne également les écoles Rapp et La Rochefoucauld, a vu l'audition de 44 enfants par la Brigade de protection des mineurs. Une vingtaine d'entre eux sont considérés comme victimes. Dans le même temps, treize autres personnes ont été relâchées en raison d'un manque de preuves.
L'avocat Julien Roelens, représentant une famille d'élève, a affirmé que certaines lacunes dans le dossier pourraient nécessiter de nouveaux efforts pour garantir la condamnation des responsables impliqués. D'autres enquêtes sont en cours à Paris concernant des violences présumées dans des accueils périscolaires, avec un total de 130 enquêtes recensées.
Enfin, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a évoqué la nécessité d'une "accélération des enquêtes" et a annoncé un plan d’action prioritaire de 20 millions d'euros pour améliorer la sécurité dans le périscolaire.







