Ce jeudi, trois associations, Générations Futures, Notre affaire à tous et Bloom, ont décidé de porter l'État devant la justice en raison de son inaction face à la contamination par les PFAS, ces polluants éternels. Dans un communiqué partagé avec franceinfo et France Inter, elles l'accusent de carences notables sur le sujet.
Ces ONG estiment que l'État était déjà au courant des dangers liés à ces substances altérant la santé humaine et l'environnement depuis plus de quinze ans. "On constate l’existence de nombreuses études qui alertent sur les effets des PFAS depuis 2005", a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures à France Inter.
Un rapport parlementaire datant de 2008 avait déjà mis en lumière les risques liés aux produits chimiques courants, particulièrement dans des zones comme la vallée de la chimie au sud de Lyon. Malgré ces mises en garde répétées, l'action de l'État demeure jugée insuffisante. Veillerette souligne : "Nous observons une inaction fautive qui compromet la santé publique".
La loi adoptée l'an dernier n'est pas encore appliquée
Cette situation a conduit à un débat juridique sur la responsabilité de l'État concernant l'inaction face à ces polluants. Emma Feyeux, juriste pour Notre affaire à tous, explique : "Les citoyens ne peuvent plus consommer de l'eau du robinet dans certaines régions, les impacts sont profonds sur leurs vies".
Cela a conduit à l'adoption d'une loi sur les PFAS le 27 février 2025, mais la mise en application de cette dernière est encore en suspens. Le gouvernement a annoncé un report de la taxe PFAS au 1er septembre 2026 selon des révélations de la cellule d'investigation de Radio France.
Les ONG demandent un jugement du tribunal administratif de Paris pour forcer l'État à prendre des mesures pour stopper cette pollution environnementale. Emma Feyeux alerte : "Les émissions de PFAS continuent d’aggraver la contamination".
Des polluants présents dans notre quotidien
En plus de demander des mesures conservatoires, les ONG insistent sur la nécessité de mettre en place des dispositifs pollueur-payeur pour compenser les milliards d'euros de coûts engendrés par cette pollution. "Il est impératif que ceux qui polluent contribuent aux réparations", conclut elle.
Les PFAS, utilisés dans de nombreux secteurs industriels, sont connus pour leur persistance dans l'environnement et leur accumulation dans le corps humain. Parmi les effets néfastes, on note une augmentation du cholestérol, des problèmes de fertilité, et des risques accrus de cancers, rendant leur gestion prioritaire pour la santé publique.







