Avec le litre d'essence dépassant les 2 euros, la question se pose : les Français vont-ils se tourner vers le train ? Les récents chiffres de la SNCF laissent à penser que cela pourrait être le cas. En avril, une hausse de 12 % des ventes de billets a été observée pour les TER, marquant une tendance encourageante pour le ferroviaire.
La direction de SNCF Voyages, interrogée par 20 Minutes, a admis une augmentation notable de la fréquentation, sans toutefois tirer de conclusions hâtives. "Plus de 14 millions de billets ont été vendus lors des vacances de printemps", indique la SNCF, ce qui représente une légère augmentation par rapport à l'année précédente. Les principales destinations étaient Bordeaux, Lyon, Nantes et Lille, avec plus d'1,5 million de passagers lors du week-end du 1er mai.
Les prix du carburant : un facteur déterminant ?
Cette vague d'augmentation intervient dans un contexte où la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz font flamber le prix du pétrole. La SNCF reconnaît que le prix du carburant pourrait avoir un impact sur le choix des voyageurs. "Nous notons une tendance à la hausse de la fréquentation des trains, mais elle est également influencée par des facteurs saisonniers," précise un porte-parole de la compagnie.
Une fréquentation en pleine croissance
Cette tendance vers les transports ferroviaires n'est pas nouvelle. Selon la SNCF, la fréquentation des trains est en constante augmentation depuis 2019. "En 2025, le marché de la grande vitesse en France a atteint un record avec 168 millions de clients, représentant une augmentation de 3,5 % par rapport à 2024," souligne la société. Les trains régionaux (TER) ont vu une progression de 50 % depuis 2019.
"La demande de trains a augmenté après la période de Covid et pourrait encore s'intensifier dans le contexte actuel," déclare Jérôme Laffon, directeur de Ouigo. Cependant, il avertit que les marges de manœuvre pour augmenter l'offre sont limitées.
Un été incertain
Concernant la prochaine saison estivale, la SNCF reste prudente. "Il est encore trop tôt pour établir des tendances," affirme la direction. "Cependant, nous avons prévu d'utiliser toutes nos rames pour satisfaire nos clients," conclut Jérôme Laffon.







