La colocation est devenue une réalité pour de nombreux Français, souvent subie en raison de la flambée des loyers et du manque de logements accessibles. Un reportage de France 2 a suivi des individus qui, contraints par les circonstances, cohabitent avec d’autres, parfois issus de milieux très différents.
En période de crise du logement sans précédent, la colocation a trouvé une place bien plus importante dans la vie des Français. Contrairement à l'idée reçue que ce mode de vie est réservé aux étudiants, une enquête récente révèle que près de 44% des colocataires sont des actifs, dont une majorité en contrat à durée indéterminée (CDI). Si la collection de « sous-locations » évoque initialement convivialité et rencontres, elle peut aussi devenir synonyme de régression sociale.
Régression sociale ?
À Strasbourg, nous rencontrons Mathilde, 28 ans, aide-soignante. Après plusieurs mois de recherche infructueuse pour un deux-pièces, elle a été contrainte de partager son logement avec deux étudiantes, ce qui donne lieu à des frictions au quotidien liées à leurs modes de vie distincts. Du côté de Paris, Elie vient d’emménager chez Serge, un septuagénaire. Leur cohabitation, rythmée par des aventures culinaires et des séances de sport, témoigne de la diversité des parcours. Entre-temps, Sabine, soumise à des contraintes financières après le départ de son partenaire, a dû accepter quatre colocataires pour partager la charge du loyer dans sa grande maison.
D'autres, comme Camille, se voient forcés de retourner vivre avec leurs parents, ce qui ne va pas sans difficultés, surtout concernant l'éducation de son fils. Ces témoignages soulignent la profondeur du désespoir auquel de nombreux Français font face.
Le coliving, poule aux œufs d'or des propriétaires ?
Cette pénurie de logements a également suscité l'émergence de concepts innovants tels que le coliving. Des entrepreneurs achètent et rénovent de grandes maisons pour y établir des colocations géantes. À Maisons-Alfort, un groupe de 14 personnes, d’âges variés entre 26 et 53 ans, partage un espace rénové comportant des chambres individuelles mais aussi des larges zones communes, favorisant convivialité et interaction. Pour les propriétaires, le coliving est devenu une source de revenus lucrative, chaque chambre étant souvent louée à des tarifs bien supérieurs à ceux observés sur le marché traditionnel.
Il est évident que la colocation et le coliving soulèvent des défis sociaux complexes, mais ils illustrent également l’évolution des modes de vie face à des réalités économiques difficiles. Les témoignages recueillis par France 2 mettent en lumière cette nouvelle dynamique, où la nécessité de trouver un toit rejoint les questions d’identité et de coexistence.







