Lors d'une cérémonie mémorable à Nantes, Pierre Guillon de Princé, héritier d'une lignée d'armateurs impliqués dans la traite d'esclaves, a exprimé ses regrets pour les actes ignobles de ses ancêtres. Ce geste, perçu comme un acte de justice réparative, accompagné d'un soutien financier, représente un moment sans précédent dans l'histoire française.
L'octogénaire, lors de l'inauguration du "Mât de la fraternité et de la mémoire", un monument érigé par l'association La Coque Nomade-Fraternité, a évoqué avec émotion le poids du silence familial. "C'est un soulagement de pouvoir enfin briser ce silence", a-t-il déclaré, devant une assemblée réunie pour rendre hommage, y compris l'ambassadeur d'Haïti, Louino Volcy. Cette démarche, bien qu’inédite en France, fait écho à des initiatives similaires observées aux États-Unis et au Royaume-Uni. La ville de Nantes, en tant que premier port négrier français, revêt une signification particulière pour cet événement.
Une démarche de justice réparative
Reconnaissant la gravité des actes de ses ancêtres comme des "crimes contre l'humanité", conformément à la loi Taubira de 2001, Pierre Guillon de Princé a mis en lumière l'impact persistant du colonialisme. "Je m'excuse auprès des communautés caribéennes pour les séquelles du racisme sur leur quotidien, leur santé et leur bien-être", a-t-il souligné. Dans ses mots, une pensée spéciale a été adressée au peuple haïtien, qu'il perçoit comme "doublement lésé par l'esclavage et par la dette injuste qui lui a été imposée après son indépendance".
Pour donner une dimension concrète à son discours, il a annoncé un soutien financier à l'organisation Haïti Futur, dédiée à l'éducation et à l'entrepreneuriat. Il a first financé un don de 5 000 euros et promis de contribuer régulièrement. "Cette somme ne saurait compenser les souffrances infligées, mais elle représente ma volonté d'agir", a-t-il ajouté.
Nous sommes responsables du présent
Dieudonné Boutrin, descendant d'esclaves et président de La Coque Nomade-Fraternité, a salué cette initiative tournée vers l'avenir. "Pierre n’est pas responsable du passé, mais nous devons assumer nos responsabilités pour le présent. La France doit réécrire ses identités", a-t-il affirmé.
La portée de cet événement inquiétante mais nécessaire fait réfléchir sur la nécessité de reconnaître les injustices passées tout en agissant pour un avenir plus inclusif.







