La cour d’assises de Paris est sur le point de juger Lolita Cacitti pour complicité dans le génocide yézidi, une décision annoncée le 13 avril. Cette Française, revenue de Syrie, aurait, en 2017, hébergé une enfant yézidie âgée de huit ans avant de la remettre à un membre saoudien de l’État islamique (EI), participant ainsi à ses projets criminels.
Le juge d’instruction a ordonné le procès le 9 avril, en accord avec les réquisitions du parquet national antiterroriste qui a souligné le rôle de Cacitti comme complice, selon une source proche du dossier, confirmant les informations parues dans le Parisien.
En juin 2024, Lolita Cacitti avait été mise en examen pour complicité en matière de génocide. Elle est désormais la deuxième Française dans cette situation, après Sonia Mejri, ancienne compagne d'un dirigeant de l’EI, qui sera jugée en 2027.
Ayant quitté la France en août 2014 avec ses deux enfants, Cacitti s’est mariée avec Lakhdar Sebouai, un membre notoire de l’EI. La justice lui reproche de s’être pleinement engagée dans ce cadre, en dirigeant son attention vers des actions comme l'apprentissage du maniement d’armes.
Le parquet antiterroriste a également évoqué son implication active dans les crimes contre les Yézidis, notant qu’elle aurait hébergé l'esclave yézidie en toute connaissance des risques, augmentant ainsi la gravité de ses actes. L’avocat de Cacitti, Maître Louis Heloun, n’a pas commenté le dossier.
Ce scandale met en lumière le sort tragique des enfants victimes des conflits. Le rapport mentionne que l’enfant, durant son enlèvement, pouvait ressentir une profonde détresse, perdant tout espoir de réintégration dans sa communauté, une méthode systématique de l'EI pour anéantir les groupes religieux.
Cacitti a par ailleurs témoigné que l’enfant était venue chez elle par l'intermédiaire d'un chef de son mari, affirmant l’avoir traitée comme sa propre fille. Cependant, la fillette reste introuvable, même si certains espoirs se sont levés avec l'identification d'une adolescente en Australie, bien que cela n'ait pas pu être confirmé.
La France intensifie ses efforts pour documenter les crimes de guerre et les atteintes aux droits de l'homme perpétrés au nom de l'EI. À ce jour, plusieurs femmes françaises ont été poursuivies pour leur implication dans ces atrocités, illustrant les enjeux moraux et éthiques liés aux actions de complicité.







