Le Conseil national de l’Ordre des médecins a pris une décision historique en votant pour la dissolution de l’Ordre parisien. Cette annonce a été faite par Denis Robin, directeur général de l’ARS Île-de-France, ce lundi 13 avril.
Ce retournement de situation s’inscrit dans un contexte de crise persistante autour de l’institution, aussi soulignée dans un rapport révélateur de l’Inspection générale des finances (IGF). Selon ce document, des dysfonctionnements graves ont été mis en lumière, justifiant la dissolution de l’Ordre, comme l’a déclaré l’ARS dans son communiqué.
Un comité temporaire composé de quatre médecins sera responsable des affaires courantes jusqu’à ce qu’un nouveau conseil soit élu, sous la supervision du CNOM, précise l’agence.
La dissolution n’est pas une surprise, comme l’a rapporté Le Canard enchaîné. Le vote en faveur de cette décision, qui a eu lieu la semaine dernière, a été en grande partie motivé par des révélations d'un rapport accablant publié par Le Parisien.
Un rapport accablant
Un rapport confidentiel de l’IGF, qui compte 1 500 pages, a soulevé de sérieuses préoccupations. Il mentionne qu'un médecin ayant été condamnée pour des faits gravissimes reste inscrit à l’Ordre. De façon similaire, un psychiatre ayant été interdit d’exercer pour agression sexuelle figure toujours sur la liste, sans que des mesures disciplinaires soient prises.
Concernant les finances, l’IGF a relevé des anomalies inquiétantes : des dépenses somptuaires, telles que 15 000 euros de taxis par une conseillère, sans justificatifs, ainsi que des achats de vin et de champagne, interrogent sur la gestion de l’argent des cotisations.
Le contexte s’est aggravé avec l’annulation par le tribunal administratif de plusieurs élections au sein du conseil parisien, mentionnant des fraudes manifestes comme la pratique de bulletins préremplis et scellés.
« C’est un scandale qu’on en soit arrivé là »
Un médecin parisien, qui a souhaité garder l’anonymat, se dit soulagé : « Cette décision est souhaitée depuis longtemps. L’équipe qui gérait l’ordre agissait comme une mafia, détournant les fonds des collègues. Espérons que cela ouvre la voie à des changements significatifs. »
Le docteur Moshé Assouline, un ancien membre du conseil, partage cet avis : « Cela fait longtemps que nous anticipions cette dissolution. Il est inacceptable d’en être arrivé là. »
Des élections pourraient être convoquées à la rentrée pour élire un nouveau bureau, avec l’espoir d’instaurer un ordre véritablement déontologique. Les praticiens espèrent retrouver un environnement où ils se sentent écoutés et protégés, au lieu d'être soumis à des pressions inappropriées.







