La mission Artemis 2 est sur le point d'atteindre une étape cruciale avec la rentrée de la capsule Orion sur Terre. Cette phase, prévue pour ce samedi 11 avril à 2h07 (heure de Paris), est considérée comme la plus périlleuse de la mission.
Après avoir effectué un voyage majestueux autour de la Lune, les quatre astronautes de la mission devront encaisser la rentrée atmosphérique à une vitesse vertigineuse de 40 200 km/h, soit plus de 11 km par seconde. À cette vitesse, les frottements entraînent des températures dépassant les 2 800 °C, mettant à rude épreuve le bouclier thermique de la capsule.
Ce bouclier, d’une épaisseur de 7,6 cm, est composé de fibres de silice et de résine époxy, intégrées dans une structure en nid d’abeille de fibre de verre. Son rôle est crucial : il est conçu pour se désintégrer progressivement afin de dissiper la chaleur. Toutefois, lors de la mission Artemis I en 2022, des tests avaient révélé des défaillances inquiétantes dans la résistance du bouclier, avec des morceaux se détachant à plus de 100 endroits. Selon des sources telles que NASA, des boulons avaient même partiellement fondu.
Conscients des risques, les ingénieurs de la NASA ont modifié la trajectoire d’entrée dans l’atmosphère. Le but est de réduire le temps d’exposition d’Orion à cette chaleur intense. Ils ont également repensé le matériau du bouclier thermique pour qu’il soit plus perméable, favorisant la libération des gaz. Cependant, cette version améliorée n’a pas pu être installée à temps pour Artemis 2, laissant les astronautes – Christina Koch, Jeremy Hansen, Reid Wiseman et Victor Glover – avec l’ancienne version du bouclier.
16 minutes en enfer
Dès que la rentrée est réussie, les parachutes de la capsule se déploieront à 2 700 mètres d’altitude. Au total, onze parachutes sont prévus pour stabiliser et ralentir le vaisseau, qui devrait amerrir dans l’océan Pacifique à moins de 27 km/h, à environ 90 kilomètres au large de San Diego. Cette manœuvre délicate représente environ 16 minutes d’épreuve intense pour l’équipage.
Une équipe de la marine américaine sera en attente pour récupérer les astronautes et les héliporter jusqu’au navire USS John P. Murtha. À bord, des examens médicaux seront effectués avant leur retour sur le sol américain par avion à destination du Centre spatial Johnson à Houston.
Ce retour est non seulement un moment déterminant pour la mission Artemis 2, mais il rappelle aussi les risques inhérents à l’exploration spatiale. Les experts s’accordent à dire que la reconstitution des événements précédents sera essentielle pour préparer les missions futures.







