Près de la moitié des livreurs des plateformes estime que leur état de santé global s’est dégradé depuis le début de leur activité. C'est le résultat d'une enquête menée auprès de plus de 1 000 livreurs à Paris et à Bordeaux, publiée le 30 mars dernier par Médecins du Monde. Cette étude, baptisée Santé-Course, a été réalisée en partenariat avec la Maison des Livreurs de Bordeaux. Sur le terrain, les témoignages des livreurs corroborent les résultats de l'enquête.
Adam, livreur depuis sept ans, témoigne de son incompréhension face à sa santé dégradée. "J’ai mal presque partout", déclare-t-il, ajoutant : "C'est un travail très épuisant, psychologiquement comme physiquement. Depuis 7 ans, je me sens vraiment diminué." Les statistiques de l'étude révèlent des chiffres à peine croyables : 36 % des livreurs souffrent de douleurs intenses et récurrentes dans le bas du dos, tandis que 32 % évoquent des troubles urinaires persistants. Ces problèmes physiques sont amplifiés par des difficultés psychologiques significatives.
Youssouf, responsable de la Maison des Livreurs et ancien livreur, insiste sur la nécessité de mesures gouvernementales. "Il faut que le gouvernement prenne une décision contre la plateforme pour que les tarifs soient augmentés. S'il ne facilite pas l'accès aux titres de séjour, cela conduit à une précarité qui les oblige à accepter des commandes mal rémunérées", dit-il. Selon lui, cette mesure pourrait également augmenter les rémunérations des livreurs, trop souvent sous-évaluées.
La situation actuelle appelle à une prise de conscience et à des actions concrètes pour protéger la santé des livreurs, dont le travail ne cesse d'augmenter malgré les conditions dégradantes. Face à ce constat alarmant, il est crucial que les autorités et les plateformes prennent leurs responsabilités afin d'améliorer les conditions de travail et de vie de ces travailleurs essentiels.







