Le conflit initié par Israël et les États-Unis le 28 février visait à réduire la puissance militaire de Téhéran. Si des déclarations officielles américaines affirment que les capacités balistiques iraniennes sont presque totalement détruites, les faits sur le terrain en disent autrement, selon plusieurs sources internationales.
Le New York Times rapporte qu'une attaque iranienne récente a ciblé une base américaine en Arabie saoudite, faisant une vingtaine de blessés. D'autres frappes ont visé des installations à Oman et à Abou Dhabi, démontrant que malgré les affirmations de Washington, l'Iran conserve un arsenal à même de déstabiliser la région.
De plus, un article du Guardian indique qu’environ un tiers des capacités militaires iraniennes n’ont pas été neutralisées. Si certaines munitions ont été endommagées ou cachées, elles ne sont pas éliminées, rendant les forces iraniennes toujours potentiellement opérationnelles.
Alors que la campagne de bombardement conjointe d'Israël et des États-Unis a effectivement réduit le volume des frappes iraniennes, elle a également un coût : les stocks de missiles interceptés commencent à s'éroder, indique le quotidien londonien.
La question cruciale est maintenant : combien de temps Téhéran pourra-t-il maintenir cette cadence de tir, et combien de temps Israël et ses alliés pourront-ils continuer à intercepter ? Le Financial Times a interrogé plusieurs experts militaires pour répondre à cette question complexe, révélant des opinions divergentes.
Le taux d’interception des attaques reste élevé
Sascha Bruchmann, de l'International Institute for Strategic Studies, évoque une tendance optimiste, notant que « les salves de missiles iraniens restent globalement modérées ». Bien que certaines frappes aient atteint leurs cibles récemment, celles-ci demeurent rares. En revanche, Danny Citrinowicz de l'Institute for National Security Studies suggère que l’Iran pourrait rationner l'utilisation de ses capacités militaires, ce qui pourrait indiquer une stratégie à long terme.
Un changement d'approche de la part de l’Iran
Pour comprendre les capacités restantes de Téhéran, il ne suffit pas de compter les missiles tirés. Kelly A. Grieco, experte militaire, critique l'accent mis sur la réduction des frappes et souligne qu'il pourrait s'agir d'une simple réorientation de la stratégie iranienne.







