« On porte des jugements hâtifs. Être gitan engendre parfois des méfiances », déclare Michel Soulès, maire sortant de Berriac (Aude). Élu en 2008 comme premier adjoint, il a succédé l’année suivante à son prédécesseur décédé. À 65 ans, il sollicite ce dimanche un troisième mandat lors des élections municipales dans cette commune où la communauté gitane représente 40 % de la population.
Depuis 2009, Michel Soulès régit ce village, qui abrite des gitans catalans établis depuis 1967 dans la Cité de l’espérance, un quartier construit sur des terrains jadis délaissés, offrant une vue spectaculaire sur la Cité médiévale de Carcassonne.
Avec environ 1 000 habitants, Berriac se redéfinit. Sans attache politique particulière, Michel Soulès affirme : « Je n'appartiens à aucun parti. » Sa routine se concentre sur la lutte contre les incivilités. « Je n'hésite pas à parler aux parents dès que je vois des jeunes en quad sans casque », assure-t-il.
Le village, autrefois associé à des vols et des actes de délinquance, a connu une métamorphose. « Berriac a une mauvaise réputation, mais c'est du passé. Nous avons installé 24 caméras de vidéosurveillance, la sécurité est ma priorité », insiste-t-il, tout en poursuivant son emploi à Carcassonne Agglo, où il gère l’approvisionnement des médiathèques.
Thierry Lucas, un retraité et habitant, partage son avis : « Aucun souci avec la communauté gitane. Berriac est en sécurité », déclare-t-il.
Connu pour sa voix de chanteur de flamenco
Le maire met également en lumière ses récentes réalisations, dont un nouveau cimetière, des logements HLM et un trottoir reliant le village au centre commercial. Avec la proximité du nouvel hôpital de Carcassonne, des soignants s'installent dans la commune, et Michel Soulès espère attirer davantage d'entreprises.
« Michel est une fierté pour nous », déclare Nick Jimenez, représentant de la communauté gitane de Perpignan. En plus de son rôle de maire, Soulès est également reconnu pour ses talents de chanteur de flamenco, captivant les foules avec sa guitare lors de ses concerts.
Dimanche, il affrontera Patrick Subias, ancien adjoint, pour un nouveau tour. En 2014 et en 2020, il avait été élu dès le premier tour avec 70 % des suffrages.







