Au cœur d'un procès révélateur, l'ancien sénateur Joël Guerriau est jugé pour avoir drogué la députée Sandrine Josso lors d'une soirée censée célébrer sa réélection. Ce fait divers tragique soulève des questions éthiques sur la soumission chimique.
Lors de l'audience à Paris, la tension était palpable, chaque mot partagé entre les deux protagonistes soulignant des interprétations opposées des événements. Guerriau, âgé de 68 ans, est accusé d'avoir administré de l'ecstasy à sa collègue politique, une accusation qu'il nie, avançant même qu'il s'agit d'une « inadvertance ».
Sandrine Josso, 50 ans, a relaté avec émotion les événements de cette soirée du 14 novembre 2023. Elle était venue célébrer la réélection de Guerriau dans son appartement parisien, où elle se serait finalement retrouvée piégée. Ses souvenirs de la soirée sont marqués par une montée d'angoisse et des symptômes inquiétants : palpitations, tremblements et un intense sentiment de danger. Dans un moment de désespoir, elle a quitté les lieux en quête d'aide, persuadée qu'elle était en train de vivre un véritable calvaire.
Des analyses toxicologiques réalisées par l'hôpital ont révélé une forte concentration de MDMA dans son sang, bien au-delà de ce qui pourrait être décidé lors d'une consommation récréative. Comme l'explique un expert, la MDMA combinée à l'alcool est souvent associée à des périodes d'amnésie dans des contextes de soumission chimique, bien que cela représente seulement 2% des cas documentés en 2018.
Guerriau, face aux juges, a décrit sa version des faits. Après une journée difficile, il a affirmé avoir versé par inadvertance de l'ecstasy dans son verre, qu'il avait initialement prévu de garder pour lui-même. Sa défense a semblé parfois farfelue, suscitant le scepticisme du tribunal. Le président du tribunal, Thierry Donard, a noté son incompréhension face à cette hypothèse bizarre.
Le procès met en lumière non seulement le cas tragique de Sandrine Josso, mais soulève également des questions plus larges sur la prévention de la soumission chimique. Selon des spécialistes consultés, cette affaire pourrait créer un précédent pour aider à combattre ce fléau et sensibiliser davantage le public. La députée, bien qu'en proie à une profonde détresse, continue de s'engager contre ce phénomène insidieux.
Le procès se poursuivra demain, laissant présager un dénouement crucial pour toutes les parties concernées.







