Après un quart de siècle de négociations, l'Union européenne et le Mercosur ont officialisé leur accord commercial le 17 janvier à Asuncion, au Paraguay. Ce traité, symbolisant l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, suscite cependant de vives inquiétudes au sein des filières agricoles européennes, notamment en France.
Avec la promesse d'une suppression de 90 % des droits de douane, ce texte a provoqué une forte réaction des agriculteurs français, qui dénoncent une concurrence jugée déloyale en raison de réglementations environnementales et sanitaires moins strictes en Amérique Latine. Les mots du président Emmanuel Macron, qualifiant cet accord de "produit d'une autre époque", résonnent particulièrement dans ce contexte de tensions commerciales.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a signé le pacte au nom des États membres. Néanmoins, cette cérémonie ne marque pas la fin de la controverse. Le texte doit passer par le Parlement européen, où un vote pourrait soit valider l'accord, soit provoquer son rejet. Patrick Martin-Genier, spécialiste des questions européennes, a affirmé à Public Sénat que les principaux partis favorables au texte Minimise les chances d'un blocage.
En revanche, une alternative légale permettrait une contestation via la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE), une option qui pourrait retarder l'application du traité. Si le texte est approuvé, une adoption provisoire pourrait permettre la mise en œuvre instantanée de certaines mesures, facilitant le commerce avant une ratification complète par les parlements nationaux de chaque État membre, un processus qui pourrait s'étendre sur plusieurs mois.
Des experts, comme ceux du cabinet de Nicolas Forissier, ministre délégué au Commerce international, envisagent peu d'augmentations massives des importations, mais soulignent que l'accord pourrait avoir un impact sur les prix des produits sensibles dans les rayons des supermarchés français.
Ce nouvel accord, tout en promettant des opportunités commerciales sans précédent, rappelle également l'importance des débats sur la durabilité et la qualité des produits importés dans un contexte de consommation de plus en plus conscientisée.







