La chaleur extrême qui frappe le Portugal a des conséquences profondes à Almada, une banlieue de Lisbonne. Non seulement les réservoirs sont presque à sec, mais cette situation met aussi en exergue des décennies de négligence en matière d'investissement dans les infrastructures, poussant les autorités à instaurer des restrictions d'eau sans précédent.
Chaque nuit, des coupures d'eau sont appliquées de 22 heures à 6 heures pour conserver les réserves, tandis que les activités comme le jardinage et le lavage de voitures sont interdites. Des camions-citernes sont mobilisés pour approvisionner en eau les hôpitaux et autres services essentiels. Selon Radio Renascença, la crise pourrait persister encore deux à trois semaines.
Cette situation s’est intensifiée à cause d'une consommation d'eau qui a doublé dans certains quartiers, exacerbée par l'afflux estival vers les plages de Costa da Caparica. En outre, la municipalité admet de nombreux problèmes dans son réseau, notamment des fuites et des branchements illégaux, entraînant une perte significative de 35 % de l'eau distribuée.
“Une telle crise ne surgit pas du jour au lendemain”
Rodrigo Proença de Oliveira, spécialiste en ressources en eau à l’Institut supérieur technique de Lisbonne, affirme que la crise actuelle est symptomatique d’un manque d'anticipation face aux défis futurs : “Une telle crise ne surgit pas du jour au lendemain. Elle est le reflet de problèmes accumulés sur des années.” Pour lui, le non-investissement dans les réseaux d'eau se traduit par des coupures régulières dans de nombreuses communes.
“Les projets d'infrastructures sont souvent repoussés, par crainte de mécontenter les citoyens avec des hausses de tarifs.”
Dans un article publié par Público, il est souligné que cette pénurie met à rude épreuve la confiance des citoyens envers l’État, la restauration de cette confiance passant par des actions concrètes.
Le Correio da Manhã, dans un ton alarmant, affirme que la pandémie de chaleur a agi comme le révélateur d'une situation « digne du tiers-monde », avec des ruptures d'eau fréquentes : “C'est comme si le Portugal était en guerre - même en temps de crise, une telle situation ne devrait pas exister.”
Filipe Alves, rédacteur en chef du Diário de Notícias, voit cette crise comme une conséquence directe d'années de désinvestissement dans les infrastructures. Il appelle les citoyens à prendre conscience que leurs choix politiques ont un impact sur la bonne gestion des ressources. “La compétence et la bonne gouvernance ne sont pas garanties par la démocratie : elles dépendent de nos décisions.”
Ce contexte met en lumière une crise locale qui illustre comment une vague de chaleur peut gravement compromettre des infrastructures déjà fragiles.







