Un échange houleux a eu lieu entre Donald Trump et Benyamin Nétanyahou le mardi 19 mai, révélant des dissensions croissantes sur la gestion du conflit en Iran. Les désaccords entre les deux leaders, traditionnellement alliés, se sont accentués depuis le cessez-le-feu du 8 avril, annonce le site Axios.
Le président américain a annoncé qu'il donnerait du temps pour des efforts diplomatiques, une décision mal reçue par le Premier ministre israélien. "Bibi était furieux après l'appel", rapporte une source anonyme. Trump a proposé de signer une "lettre d'intention" avec l'Iran pour mettre un terme à la guerre et ouvrir des discussions sur des sujets cruciaux comme le programme nucléaire iranien.
Selon CNN, cette position a été interprétée par Nétanyahou comme une trahison, d'autant plus que des frappes militaires contre Téhéran étaient planifiées. Lors d'une discussion précédente, Trump avait même envisagé de déclencher de nouvelles attaques, mais a ensuite décidé d'opter pour des négociations suite aux demandes de ses alliés du Golfe.
Divergence manifeste
Les intérêts de ces deux puissances se sont montrés incompatibles. Nétanyahou a exprimé ses frustrations sur ce qu’il considère une "erreur" de retarder l’offensive, tout en insistant sur la nécessité d'une réponse militaire face à Téhéran. Le Premier ministre israélien soutient une stratégie de défense agressive, cherchant à renverser un régime qu'il perçoit comme une menace existentielle pour son pays.
Quand Trump privilégie des négociations visant à mettre fin à un conflit qu’il juge coûteux et impopulaire, Nétanyahou, durant cette guerre, a appelé les Iraniens à se soulever contre leur gouvernement. The Wall Street Journal souligne que "les deux alliés montrent des approches diamétralement opposées".
Coercition triangulaire
Amine Ayoub, dans Yediot Aharonot, décrit que les décisions prises ne sont pas uniquement influencées par les négociations mais aussi par les pressions des pays du Golfe. La garantie d'une intervention israélienne semble dépendre des réponses stratégiques aux représailles iraniennes.
La tactique de Téhéran, désignée comme "coercition triangulaire", consistant à bloquer le détroit d'Ormuz tout en s'attaquant aux États du Golfe, a mis la Maison-Blanche face à un dilemme, obligeant une réévaluation des priorités, comme l’indique The New York Times.







