Mercredi, le préfet de la Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a appelé le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, à reconsidérer sa décision de retirer le portrait d'Emmanuel Macron de son bureau. Bien que cette action ne soit pas illégale, elle suscite un débat fort sur la tradition républicaine.
Dans une lettre publiée sur X, Julien Charles a rappelé que l'affichage du portrait présidentiel, bien qu'il ne soit pas imposé par la loi, s'inscrit dans une tradition politique française. Selon lui, le portrait devrait servir à unir les citoyens autour des institutions, indépendamment des divergences politiques.
Le préfet a exhorté M. Bagayoko à "reconsidérer sa position" pour préserver l'esprit républicain. Ce dernier, élu récemment à la tête de la commune de près de 150.000 habitants, a déjà été vu en train de retourner le portrait de Macron, le reléguant dans un coin de son bureau.
Lors d'une interview sur LCI, le maire a justifié ce choix en déclarant que sa démarche était avant tout symbolique : il souhaite voir la République s'attaquer aux inégalités avant de redonner toute sa place au portrait présidentiel.
Engagé dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour 2027, Bagayoko espère un "avènement d'une gauche de rupture" et d'une nouvelle direction politique. Son acte a également écho dans le contexte de militants écologistes qui, ces dernières années, ont été poursuivis en justice pour avoir décroché des portraits de Macron. Les opinions divergent sur ces actions, certains les condamnant pour vol, tandis que d'autres les défendent comme une forme de liberté d'expression.
Cette situation soulève des questions sur la place du symbole dans la politique française et sur la manière dont les élus choisissent de se positionner face aux attentes de la société. En effet, le débat sur l'affichage du portrait présidentiel pourrait refléter des tensions plus larges sur la responsabilité politique dans un contexte où les attentes des citoyens continuent d'évoluer.







