Dans une interview accordée au Figaro TV, le rapporteur Charles Alloncle souligne avoir reçu des témoignages alarmants concernant des violences sexuelles que la direction de France Télévisions aurait tenté de dissimuler. D’après ces révélations, des mesures telles que des clauses de confidentialité et de lourdes indemnités auraient été utilisées pour acheter le silence des victimes et témoins.
Les travaux de la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public ont récemment pris fin, avec une audition cruciale de Delphine Ernotte, PDG de France Télévisions depuis 2015. Charles Alloncle (UDR) n’a pas tari d’éloges sur le besoin d'une transparence accrue, dénonçant par ailleurs des « gabegies » financières et des conflits d’intérêts lors de l’attribution des contrats de production.
Se référant à une grave situation, lors de l'émission « Points de Vue », Alloncle a révélé avoir pris connaissance de plusieurs témoignages inquiétants de personnes ayant subi des agressions sexuelles dans l'enceinte de France Télévisions. « Ces personnes m'ont rapporté avoir été contraintes à quitter leurs postes après avoir présenté des plaintes auprès de la direction, souvent contre des accords de confidentialité payants », a-t-il déclaré.
Le 31 mars, Jacques Cardoze, ancien animateur de « Complément d’enquête », a également témoigné devant la commission, affirmant que certains départs dotés d'indemnités faramineuses servaient à masquer des abus. Avant même ce témoignage, Alloncle avait été mis en alerte par des sources anonymes, qui l'ont contacté par crainte de représailles.
En réponse à cette situation, Alloncle a l'intention de solliciter une enquête interne sous la direction d'Ernotte, se disant confiant qu'elle sera « sensible » à ces préoccupations. Au cours des cinq mois de travail de la commission, un nombre impressionnant de 67 auditions a eu lieu, faisant intervenir 237 personnes. En attendant la remise du rapport, dont la publication dépendra du vote des membres, il est apparu à Alloncle que « l’omerta » règne chez France TV, un climat de peur qui a limité les témoignages. Cette atmosphère de silence rend encore plus crucial le travail de la commission, qui espère faire éclater la vérité.







