Ce mercredi, la Cour suprême des États-Unis s'attaque à une question fondamentale : l'acquisition de la citoyenneté par la naissance sur le sol américain. Donald Trump, qui prévoit d'assister à l'audience, remet en cause ce principe dans le cadre de sa lutte contre l'immigration illégale.
Les neuf magistrats, dont la majorité est conservatrice, doivent se prononcer sur le recours du gouvernement, qui conteste des décisions antérieures déclarant inconstitutionnel un décret signé par Trump lors de son retour à la Maison Blanche.
Ce décret, fortement controversé durant son second mandat, vise à remettre en question le droit du sol pour les enfants d'immigrés en situation irrégulière, que Trump considère comme une incitation à l'immigration.
En soulignant l'importance de cette mesure, Trump prévoit d'assister en personne aux plaidoiries qui débuteront à 10H00 (14H00 GMT). D'après plusieurs médias américains, c'est la première fois qu'un président en fonction participe à de tels débats.
"Je vais y aller", a-t-il déclaré aux journalistes mardi.
Anticipant un nouvel affrontement désavantageux devant la Cour suprême, Trump exprime sa colère à l'égard des juges, déjà confrontés à sa récente défaite concernant des droits de douane imposés à certains pays, décision prise par une majorité de voix.
Le droit du sol est un principe qui stipule que toute personne née sur le territoire américain est considérée comme citoyen. Établi depuis plus d'un siècle, il a même été confirmé par un arrêt de la Cour suprême en 1898, qui reconnaissait Wong Kim Ark, un enfant d'immigrés chinois né en Californie, comme citoyen américain.
- "Une lutte pour les valeurs américaines" -
Le décret de Trump interdit également la délivrance de documents tels que passeports ou certificats de nationalité aux enfants nés aux États-Unis si leurs parents sont en situation irrégulière ou temporaire.
Cette initiative vise également les enfants dont les parents sont là avec des visas étudiants ou de tourisme. Selon l'argumentaire du gouvernement, qui évoque l'importance d'un domicile parental établi, les enfants d'étrangers en situation irrégulière ne peuvent revendiquer les protections offertes par le 14ème amendement, une interprétation que l'administration Trump soutient comme ayant été privilégiée dans l'histoire américaine.
Cependant, des groupes comme l'ACLU, qui défendent les droits civiques, avertissent que les mesures en question pourraient détricoter les fondations mêmes de la citoyenneté américaine. La directrice juridique de l'organisation, Cecillia Wang, a souligné que cette initiative menace non seulement les nouveaux-nés mais également les millions d'Américains dont la nationalité pourrait être remise en question.
"C'est un combat pour nos meilleures valeurs américaines : le droit de tous à la citoyenneté", a-t-elle déclaré, alertant sur les conséquences dramatiques que pourrait avoir ce décret.
Selon des recherches menées par l'université Penn State, si le droit du sol était abrogé, cela pourrait entraîner une augmentation de l'immigration clandestine, avec jusqu'à 5,4 millions de personnes supplémentaires d'ici 2075.
La décision de la Cour est attendue pensant la fin de sa session annuelle, prévue pour fin juin.







