Le Premier ministre slovène Robert Golob a déclaré avoir remporté les élections législatives de dimanche dernier, un scrutin marqué par une lutte acharnée avec l’ancien chef du gouvernement, Janez Jansa, allié de l’ex-président américain Donald Trump.
« Puisque nous avons obtenu la confiance du peuple, nous pouvons envisager d'avancer sous un soleil libre », a affirmé Golob, évoquant les tensions qui ont jalonné cette campagne.
Le Mouvement pour la liberté (GS) de Golob a récolté 28,59 % des voix, lui octroyant 29 sièges, selon les résultats préliminaires, tandis que le Parti démocratique slovène (SDS) de Jansa a obtenu 28,09 % des suffrages. La participation a été robustes, atteignant près de 69 % des électeurs.
Jansa, qui n’a pas caché sa frustration face à des problèmes techniques sur le site de la commission électorale, a annoncé son intention de demander un recomptage des voix dans tous les bureaux.
En dehors des deux grands partis, cinq autres formations sont en position d'entrer au parlement, rendant ainsi difficile la constitution d'une majorité absolue. Le bloc de droite pourrait obtenir 43 sièges, contre 40 pour la coalition sortante.
- Vers une instabilité probable -
« L'écart entre les deux blocs sera très serré », a commenté le journaliste Uros Esih du quotidien Delo, préoccupé par le fait que le parti europhobe Resnica, avec ses 5 sièges, pourrait jouer un rôle déterminant dans les futurs alliances gouvernementales.
« Gouverner avec un parti populiste et antisystème risque de créer de l’instabilité », a-t-il ajouté, annonçant une durée de vie potentiellement courte pour tout gouvernement qui émergerait de cette configuration électorale.
Robert Golob, 59 ans, a su redresser la situation ces dernières semaines, en mettant en avant ses politiques favorables, telles que l'augmentation des pensions. Ces succès sont également à attribuer à un contexte international défavorable aux politiques de droite, selon Ali Zerdin, responsable du supplément dominical de Delo.
Jansa avait orienté sa campagne sur les valeurs traditionnelles slovènes et promettait de couper les financements publics à certaines ONG. Son mandat précédent avait été marqué par des tensions avec l'Union européenne et une gestion controversée de la pandémie.
Sur le plan social, Golob a imposé des réformes, y compris la légalisation du mariage gay, ce qui lui a permis de capter une partie de l'électorat progressiste.
L'impact des affaires de corruption, comme l'affaire Black Cube – impliquant des enregistrements compromettants – a également pesé sur l'issue du scrutin, avec des accusations d'influence en faveur de Jansa. Ce dernier a reconnu avoir rencontré des membres de cette société mais a nié toute implication dans le scandale.
Les prochains mois seront cruciaux pour Robert Golob. La nécessité de trouver des alliés parmi les partis minoritaires et la gestion des tensions internes sont autant de défis qui se dessinent à l’horizon, alors que le pays se tourne vers une éventuelle nouvelle orientation politique.







