Avec des cœurs lourds, la Belgique a commémoré ce dimanche les dix ans des attentats djihadistes de mars 2016, un chagrin encore vif pour la nation. Le roi Philippe a déclaré devant des centaines de personnes rassemblées près du monument aux victimes dans le quartier européen de Bruxelles : "Notre pays n’oubliera jamais." Ce dévouement à la mémoire des disparus témoigne de la résilience belgo-belge face à un traumatisme national.
Le matin des commémorations a débuté par des témoignages poignants à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et à la station de métro Maelbeek, sites des attaques. Béatrice de Lavalette, survivante qui a malheureusement perdu ses jambes, a partagé sa bataille pour la vie en affirmant : "Tous les jours, je me réveille avec les souvenirs de cette horreur, mais j’ai choisi de vivre." Athlète paralympique, elle incarne la force et la détermination qui émergent après un tel choc.
« Nous n’avons pas cédé à la peur »
Les attentats, revendiqués par l’organisation État islamique, ont causé la mort de 32 personnes et blessé plus de 300 autres. Survenus quatre jours après l’arrestation de Salah Abdeslam, ces actes de terreur ont révélé des failles dans la sécurité belge, entraînant un renforcement des dispositifs de renseignement et de lutte antiterroriste. Comme l’a souligné le roi, ce dimanche, "face à la terreur, nous n’avons pas cédé à la peur. Nous n’avons pas cédé à la division." Un élan de solidarité palpable a uni les Belges dans cette épreuve.
Un contexte de menace persistante
Les commémorations de ce dimanche se sont déroulées dans un climat d'inquiétude accrue, exacerbée par des événements récents. Une explosion survenue le 9 mars devant une synagogue à Liège, sans blessés mais révélatrice d'une menace persistante, incite les autorités à maintenir le niveau d'alerte à trois sur quatre. Selon Gert Vercauteren, directeur de l'Ocam, ces attentats ont marqué un tournant, suscitant un sentiment d’échec face aux exigences de sécurité nécessaires.
Ce devoir de mémoire ne se borne pas aux événements tragiques du passé. Katarina Viktorsson, une fille ayant perdu sa mère dans l’attentat de l’aéroport, a été reconnue ce dimanche comme la 36e victime de cette tragédie, ayant succombé à ses blessures psychologiques. Ces pertes soulignent l'impact prolongé des actes de violence sur les vies des survivants et leurs familles.
Alors que le souvenir de ces événements continue de hanter les esprits, la Belgique s’engage à ne jamais oublier, tout en œuvrant pour un avenir plus sûr pour ses citoyens.







