Ce mardi 24 mars commémorera les 50 ans du coup d'État militaire en Argentine, marquant le début d'une dictature connue pour ses atrocités. À Paris, la communauté argentine prévoit des hommages aux victimes de ce régime répressif. Cette année, les commémorations portent un goût amer, amplifié par l'arrivée au pouvoir de Javier Milei.
La nomination de Santiago Muzio à la tête de la Maison de l'Argentine en 2024 a profondément bouleversé la dynamique de la Cité internationale universitaire. Les résidents ont commencé à signaler des pressions politiques et une atmosphère de peur. Selon un article du Monde, Muzio a également refusé de signer la charte des valeurs prônées par la Cité U.
Une plaque en hommage aux victimes de la dictature retirée
Récemment, une plaque honorant les 30.000 disparus de la période sombre du terrorisme d'État a disparu, provoquant une indignation croissante parmi les résidents. Une résidente inquiète, qui a préféré garder l'anonymat par crainte de représailles, a déclaré : « Nous avons constaté la disparition de la plaque sans aucun avertissement. » Ce sentiment d'impuissance est partagé par de nombreux étudiants.
Une atmosphère de peur
Les témoignages affluent sur la pression imposée par Muzio. Catalina, une ancienne résidente, souligne que « dès son arrivée, il a généré un climat de peur ». Les affiches promouvant les valeurs d'égalité et de respect ont été rapidement retirées, ce qui n'a fait qu'accentuer l'anxiété parmi les résidents.
Les menaces de représailles, évoquées ouvertement par des étudiants, soulèvent des questions préoccupantes. Un étudiant qui a osé demander des explications sur la plaque disparue a été convoqué dans le bureau du directeur pour discuter de son avenir à la Maison, illustrant ainsi la pression insistance sur ceux qui osent exprimer leurs opinions.
Des réunions politiques d’extrême droite organisées au sein de la résidence
Marie-Laure Stirnemann, porte-parole de l'Assemblée des Citoyens Argentins en France (ACAF), déclare : « Certains étudiants nous contactent car Muzio menace de ne pas renouveler leur résidence. » Malgré cette intimidation, les membres de l'ACAF continuent de dénoncer la situation. Ils signalent que Muzio a refusé de célébrer la Journée nationale de la Mémoire en mars, prétextant que cet événement ne relevait pas de la politique, alors qu'il est inscrit dans la législation argentine.
Des événements politiques organisés sous son égide, comme une réunion sur « l'Argentine et Milei », se poursuivent malgré les interdictions de discours à caractère politique. Des participants à cette réunion ont confirmé qu'il s'agissait bien d'un rassemblement politique, ajoutant à l'incohérence apparente des règles qu'il prétend faire respecter.
Une famille comme chez elle dans la résidence
Les résidents partagent des inquiétudes quant à l'intimidation qu'ils subissent. « La famille de Muzio vit dans la résidence. Ils s'introduisent sans autorisation dans les chambres des résidents, créant un climat de peur permanente », explique Catalina. Ce sentiment d'insécurité est exacerbée par le fait qu'ils sont souvent entendus et écoutés, dissuadant ainsi toute discussion libre.
La direction de la Cité universitaire impuissante
La Cité universitaire, qui abrite des étudiants de nombreuses nationalités, se sent désemparée face à cette situation. La Maison de l'Argentine, fondée en 1928, appartient à l'État argentin, et toute intervention de la direction de la Cité U semble vouée à l'échec. Comme l'indique Marie-Laure Stirnemann, cette situation représente un phénomène inquiétant : « C'est catastrophique de subir la politique de Milei ici, à des milliers de kilomètres de l'Argentine. »
*Les prénoms ont été modifiés à la demande des personnes concernées.







