Le 19 mars, Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, a surpris l'ensemble des membres de l'Union européenne en opposant son veto à une aide cruciale de 90 milliards d’euros destinée à l’Ukraine. Cette décision survient alors que la Hongrie avait, paradoxalement, été exemptée de toute contribution à ce fonds. Sa justification repose sur une exigence que l’Ukraine répare un oléoduc endommagé, mais qui l’a été par la Russie, suscitant des accusations de chantage.
En effet, Orbán a pris position contre l'Ukraine, sa démarche provoquant une onde de choc au sein même de l’UE. Au Conseil européen, il s’est maintenu debout lors de l’intervention du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui plaidait pour une aide essentielle pour protéger des vies. Ce geste a été interprété comme une manière de défier les dirigeants européens présents, tel que l’a exprimé le chancelier allemand Friedrich Merz, qualifiant cet acte de "déloyauté grave".
Orbán, en refusant de valider cette aide, ne s’oppose pas seulement à l’Ukraine, mais également à l’unité européenne. Le président du Conseil européen, António Costa, a insisté sur le fait que personne ne pouvait "faire chanter" l’institution, une déclaration qui a été soutenue par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Cette dernière a indiqué que le prêt est bloqué à cause d’un dirigeant n'ayant pas respecté ses engagements.
Des tensions persistantes entre la Hongrie et l’Ukraine
Les récentes tensions ne sont pas nouvelles. La Hongrie semble conditionner son approbation d'une aide à la réparation de l’oléoduc Droujba, un oléoduc en réalité touché par les frappes russes, ce qui a entraîné le refus de Zelensky d’autoriser un rétablissement du transit de pétrole russe. Ce bras de fer politique souligne les divergences croissantes entre Orbán et Zelensky.
En plus des désaccords sur l’aide, la Hongrie a récemment été impliquée dans un incident controversé, où des Ukrainiens transportant des sommes d’argent significatives ont été retenus et menottés pendant près de 28 heures. Cet événement a été justifié par les autorités hongroises sur la base d'une enquête liée à des allégations de blanchiment d'argent.
Une élection clé qui pourrait bouleverser la donne
Ces tensions se déroulent dans le cadre d’une campagne électorale qui fera que les Hongrois iront aux urnes le 12 avril 2026. Avec des sondages montrant que le parti PRD de Péter Magyar pourrait devancer de manière significative le parti Fidesz d'Orbán, ce dernier doit jongler avec les critiques croissantes et la nécessité de maintenir son image alors qu’il accorde un rôle prépondérant à ses relations avec l’Ukraine dans cette dynamique.
Le Premier ministre finlandais a même commenté en ces termes : "Il utilise l’Ukraine comme une arme dans sa campagne électorale, ce qui est inacceptable". La montée de la tension politique en Hongrie pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble de la région et sur l'harmonie au sein de l'Union européenne.







