Des accusations de "chantage" sans précédent ont résonné au sommet européen de Bruxelles. Après la réunion, les leaders de l'UE ont exprimé leur mécontentement envers Viktor Orban, dont le gouvernement continue de bloquer un crédit de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine, au moment même où la campagne électorale commence en Hongrie.
Friedrich Merz, le chancelier allemand, a qualifié le refus du Premier ministre hongrois de "déloyauté flagrante" envers l'Europe, affirmant que ce blocage pourrait laisser "des traces profondes" au sein des Vingt-Sept. Emmanuel Macron a également souligné que l'UE devait "honorer ses engagements" pour maintenir sa crédibilité.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s'est jointe aux critiques en affirmant que "un dirigeant ne tient pas sa parole". Malgré ces avertissements, Orban, en poste depuis 2010 et en quête d'un cinquième mandat lors des élections législatives du 12 avril, reste inflexible.
Dans un contexte préélectoral, la Hongrie lie le déblocage du prêt à la reprise des livraisons de pétrole russe, désormais entravées par des frappes sur l'oléoduc traversant l'Ukraine. Orban a ainsi résumé sa position : "Pas de pétrole = pas d'argent".
En visioconférence, Volodymyr Zelensky a tenté de rappeler aux dirigeants européens l'importance vitale de cette aide pour l'Ukraine, se heurtant au désintérêt apparent d'Orban, qui se tenait en retrait de ses pairs lors des discussions.
Tout au long de la journée, les dirigeants de l'UE ont appelé Orban à faire preuve de responsabilité, mais ont dû se résigner à reporter la discussion à une prochaine rencontre. Orban, dans une interview sur son compte X, a affirmé que "s'il y a du pétrole, il y aura de l'argent", accusant l'Ukraine de "chantage".
Affaibli dans les sondages, Orban adopte une stratégie nationaliste, dénonçant l'Ukraine comme un risque pour la Hongrie. Ses affiches électorales, qui présentent Zelensky de façon négative, témoignent d'une campagne axée sur la peur.
Bien qu'Orban ait initialement accepté le prêt en décembre dernier, la situation a évolué, avec des dirigeants européens tentant de trouver un compromis en offrant une aide destinée à rouvrir l'oléoduc "Droujba". Le scepticisme prédomine cependant sur la possibilité d'infléchir la position hongroise avant les élections, comme l'a reconnu Bart De Wever, Premier ministre belge.
Les autres membres de l'UE ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leurs efforts, mais la situation demeure délicate. Les sources européennes estiment que l'Ukraine peut se financer jusqu'en mai, postériore aux élections hongroises. Une victoire d'Orban pourrait compliquer davantage la situation et, selon un diplomate, "nous aurions un problème..." si le dirigeant nationaliste venait à triompher à nouveau.







