Une enquête récente menée par Bloomberg met en lumière la richesse impressionnante de Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême d'Iran, à travers un enchevêtrement complexe de sociétés écrans.
Des hôtels à Madrid et à Berlin, des demeures opulentes à Londres, ainsi que des comptes en Suisse... La fortune accumulée par Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, a suscité l'intérêt et l'inquiétude des experts internationaux. Avant sa nomination officielle le 8 mars, il aurait lié son nom à un immense réseau d'investissements immobiliers à l'échelle mondiale. Selon des sources, il posséderait une douzaine de propriétés dans les quartiers huppés de Londres, évaluées à environ 115 millions d’euros, dont deux appartements à proximité de l'ambassade israélienne.
Son portefeuille s'étendrait à plusieurs autres biens à l'étranger, incluant une villa à Dubaï et des hôtels haut de gamme à Francfort et à Majorque. Bloomberg révèle également qu'il a possédé un hôtel à Toronto, revendu en 2020 pour 10,5 millions de dollars canadiens (environ 6,7 millions d'euros), ainsi que des participations dans un immeuble parisien, cédées en 2023.
Un intermédiaire influent
Les estimations de la valeur totale de son empire varient, mais certaines enquêtes avancent des chiffres atteignant plusieurs centaines de millions d'euros. Cette valorisation est délicate à établir en raison de l'utilisation de sociétés écrans et de prête-noms pour effectuer ses transactions. Mojtaba Khamenei est sous le coup de sanctions américaines depuis 2019, d'où l'utilisation d'intermédiaires pour ses acquisitions.
Un des intermédiaires clé serait Ali Ansari, décrit par certaines enquêtes comme l'un des oligarques les plus puissants d'Iran. Selon des sources, Ansari, également sanctionné, aurait agi comme prête-nom, facilitant l'achat des propriétés au nom de Khamenei. Margot Mollat de Transparency International UK a souligné l'étroite coopération entre Khamenei et Ansari dans ces transactions.
Une fortune grâce à la vente de pétrole
D'après les révélations de Bloomberg, ces activités ont bénéficié d'un flux financier massif provenant de la vente de pétrole iranien, ayant réussi à contourner les sanctions via des mécanismes complexes impliquant des comptes en Europe et au Moyen-Orient. L'association entre Mojtaba Khamenei et Ali Ansari, tous deux ayant expliqué leurs liens, a été mise sous le microscope par les autorités et les médias depuis la frappe qui a tué son père, Ali Khamenei, le 28 février dernier.
Depuis cet événement tragique, Mojtaba Khamenei reste discret et n'a pas été aperçu publiquement, suscitant des inquiétudes quant à sa santé. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a affirmé qu'il était "blessé" et probablement "défiguré".







