La décision de libérer 400 millions de barils par les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dont la France, n'a pas apaisé les tensions sur les marchés pétroliers. Le 12 mars, le prix du baril a culminé à nouveau, dépassant les 100 dollars.
Cette hausse de 7% observée le matin du 12 mars, après un bond de 5% la veille, soulève des interrogations. Selon les experts du marché, l'attaque récente de plusieurs navires, y compris deux pétroliers, dans le détroit d’Ormuz, a renforcé les craintes concernant l'approvisionnement en pétrole. La sécurité dans cette zone stratégique reste précaire, ce qui alimente la volatilité des prix.
Le déblocage annoncé des stocks stratégiques, bien qu'historique, n'a pas produit l'effet escompté sur le moral des acteurs du marché. En effet, 400 millions de barils représentent seulement quatre jours de consommation mondiale, selon RTL, équivalent à ce qui transite habituellement dans le détroit d’Ormuz sur une période de 20 jours.
Marché dominé par la peur de manquer
Malgré l'intention de rassurer les marchés, la libération de stocks ne suffit pas à calmer les appréhensions. Les experts soulignent le défi de gérer une offre croissante face à une demande constante, sans nuire à la croissance économique mondiale. Comme l'indique un rapport de Sébastien Lecornu, le ministre de la Transition énergétique, il est crucial que les prix du carburant diminuent rapidement pour apaiser les consommateurs.
En pratique, le déblocage des stocks relève d'une opération logistique complexe. La France, par exemple, possède plus de 80 sites de stockage, incluant des dépôts commerciaux et des cavernes, comme celles de Manosque. Le coordonner est un défi de taille qui pourrait prendre plusieurs jours, ce qui ne garantit pas une arrivée rapide de l'offre sur le marché.
Une opération de plusieurs jours
Les prévisions tablent sur une libération maximale de 3 millions de barils par jour sur le marché, chiffre bien en deçà des volumes transitant habituellement via Ormuz. Il est également essentiel de s'assurer que ces barils ne soient pas rapidement re-stockés par des pays en quête de sécurité face à la crise actuelle.
Par ailleurs, la persistance des tensions militaires dans la région, exacerbée par les récents incidents, alimente l'inquiétude. Comme le suggère un analyste de RTL, tant que le régime iranien demeurera en place, les préoccupations relatives à la sécurité du détroit de Hormuz persisteront.







