Les législatives colombiennes : un moment décisif avant la présidentielle

Le dépouillement des législatives colombiennes a débuté, mettant en jeu l'avenir politique du pays.
Les législatives colombiennes : un moment décisif avant la présidentielle
©JAIME SALDARRIAGA, JOAQUIN SARMIENTO, AFP - L'ex-président de droite Alvaro Uribe (à gauche) et le président de gauche Gustavo Petro (à droite) sur un montage photo réalisé le 5 mars 2026, dont les deux forc

Les Colombiens se sont rendus aux urnes ce dimanche pour des élections législatives, un test crucial avant la présidentielle prévue dans moins de trois mois. L'élection revêt une importance particulière alors que la gauche, dirigée par Gustavo Petro, cherche à consolider son pouvoir.

Les bureaux de vote ont fermé à 16h00 locales (21h00 GMT), marquant le début du dépouillement des votes. Les résultats devraient être disponibles dans les heures à venir.

Cette élection concerne le renouvellement du Congrès bicaméral, avec l'élection de 285 membres de la Chambre basse et du Sénat, avant le scrutin présidentiel du 31 mai, auquel M. Petro ne peut se représenter selon les règles constitutionnelles.

Le climat électoral s'est globalement déroulé dans le calme, bien que le pays ait été marqué par des violences politiques récentes, notamment l'assassinat de Miguel Uribe, un candidat de droite, en 2025.

La coalition Pacte historique, à la tête de laquelle se trouve M. Petro, désigné comme le premier président de gauche du pays, tentera de maintenir ses 48 sièges au Congrès, bien qu'elle ne détienne pas la majorité.

Parmi ses propositions, la modification de la Constitution est critiquée par certains analystes, qui y voient un risque de concentration du pouvoir.

Le camp de la droite, quant à lui, espère récupérer du terrain après sa défaite historique de 2022, qui a vu la perte de la présidence et la dissolution de son plus grand groupe parlementaire.

M. Petro a exprimé des inquiétudes concernant des fraudes potentielles, utilisant ses réseaux sociaux pour dénoncer des anomalies signalées dans divers bureaux de vote tout au long de la journée.

Dans le même temps, le ministre de la Défense a rapporté que près de 2400 personnes avaient franchi illégalement la frontière vénézuélienne pour voter, malgré la fermeture des frontières en vigueur depuis samedi.

- "Un travail d'équipe nécessaire" -

Le nouveau Congrès débutera ses fonctions le 20 juillet, peu avant l'investiture du futur président. Les sondages montrent que le sénateur de gauche Iván Cepeda, proche de Petro, est en tête, suivi de l'avocat Abelardo de la Espriella, proche de la droite.

Si élu, M. Cepeda prévoit de continuer les réformes progressistes, mais aura besoin d'un Congrès favorable pour y parvenir. Daniel Alfonso, un jeune salarié d'un centre d'appels, souligne : "Sans soutien au Congrès, les défis seront nombreux".

Ángela Álvarez, une exportatrice de cacao, espère que les députés resteront engagés et critiques, jouant ainsi leur rôle de contre-pouvoir.

Face à l'opposition, M. Petro a souvent recouru à des mobilisations de masse et à des discours fermes, dénonçant un Congrès entaché par des scandales de corruption.

- La droite en quête de renouveau -

Les tensions entourant la campagne électorale sont palpables, exacerbées par des violences perpétrées par des groupes armés, dans un contexte marqué par la lutte pour le contrôle du marché de la cocaïne dont la Colombie est le premier producteur mondial.

Dans ce climat de risque, la droite cherche à regagner des sièges, promettant une approche sécuritaire, en réaction à l'échec des négociations avec les groupes armés qui se sont renforcés durant le mandat de Petro.

À la tête de la droite se trouve l'ancien président Álvaro Uribe, en lice pour le Sénat après l'annulation d'une condamnation à 12 ans de résidence surveillée pour corruption. Patricia Muñoz, professeure à l'université Javeriana, évoque un soutien populaire nostalgique de ses préceptes antiterroristes.

En outre, des ex-combattants des Farc participent à cette élection, mais sans siège garanti, une première depuis l'accord de paix de 2016. La sénatrice Sandra Ramirez témoigne des défis rencontrés dans la mobilisation électorale pour son parti.

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