Depuis ce samedi, les États-Unis subissent une nouvelle paralysie budgétaire partielle en raison d'un conflit de longue date entre démocrates et républicains concernant les pratiques de la police de l’immigration (ICE). Les démocrates exigent notamment l'arrêt des patrouilles volantes et la prohibition des agents masqués.
C'est la troisième fois, depuis le début du second mandat de Donald Trump, que le gouvernement américain fait face à un tel blocage. Après un court shutdown en février et un précédent record de 43 jours en octobre-novembre, le ministère de la Sécurité intérieure a plongé dans un shutdown partiel qui pourrait perdurer, tant les désaccords sur les affaires de l'ICE sont profonds.
Cette impasse budgétaire indique que, dans les jours à venir, de nombreux fonctionnaires seront mis en chômage technique, tandis que d'autres, jugés essentiels, continueront à travailler, sans être rémunérés jusqu'à ce qu'un accord soit atteint au Congrès pour le budget du DHS, le ministère dont dépend l'ICE.
Les démocrates justifient ce blocage par les controverses entourant l'ICE, qui pourraient perturber des opérations cruciales, comme les contrôles aéroportuaires et la gestion des catastrophes. Selon eux, ces pratiques doivent faire l'objet de réformes majeures.
D’autres agences concernées par le blocage
L'opposition face à l'ICE s'est intensifiée suite à deux incidents tragiques survenus à Minneapolis en janvier, où deux Américains, Renee Good et Alex Pretti, ont été tués par balle par des agents fédéraux. Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre, a déclaré : "Les fonds publics doivent servir à améliorer la vie des Américains, et non pas à des actes de violence."
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a rejeté ces accusations et suggéré que des considérations politiques étaient à l'origine du blocage.
Bizarrement, le sénateur démocrate John Fetterman a déclaré que ce shutdown n'affectera pas significativement l'ICE, celle-ci ayant des fonds pré-approvisionnés pour continuer ses opérations.
Le DHS devrait subir de plein fouet ce blocage, en particulier la FEMA (gestion des catastrophes) et la TSA, qui a déjà averti que, sans financement, les services de sécurité aéroportuaire pourraient être gravement compromis, entraînant retards et annulations de vols.
De profonds changements de l'ICE exigés
Pour que le budget du DHS soit adopté, 60 voix sont nécessaires au Sénat, et les républicains, malgré leur majorité, doivent s'assurer le soutien d'élus démocrates. Les démocrates conditionnent leur accord à des changements significatifs dans les méthodes de l'ICE, incluant l'arrêt des patrouilles volantes et l'obligation de mandat judiciaire avant toute arrestation.
La Maison Blanche a proposé un texte de compromis, mais les négociations sont au point mort actuellement. John Thune, leader républicain au Sénat, a averti que l'opposition ne pouvait pas espérer obtenir tous ses désirs. Les parlementaires prenant une pause d'une semaine, un rappel à Washington pourrait avoir lieu si un accord émerge bientôt.







