Le département de la Justice américain a annoncé la mise en ligne de quelque trois millions de documents liés à l'enquête sur Jeffrey Epstein, a confirmé vendredi la Maison‑Blanche puis le ministère. Parmi ces pièces figurent, selon les autorités, plus de 2 000 vidéos et environ 180 000 photographies, dont une large part qualifiée de « pornographique » par le ministère.
Redactions et protection des victimes
Todd Blanche, numéro deux du ministère, a précisé que les visages des femmes photographiées avaient été masqués systématiquement, à l'exception de ceux de Ghislaine Maxwell, la seule complice condamnée dans cette affaire. Le gouvernement justifie ces caviardages par la nécessité de protéger les victimes et leurs familles. Cette procédure, longue et minutieuse, explique que la publication s'effectue au compte‑goutte et prenne « plusieurs semaines » pour être intégralement mise en ligne.
Une diffusion imposée par le Congrès
La diffusion intervient sous la contrainte d'une loi votée par le Congrès, qui exige la transparence sur le dossier. Déjà, une première fournée de milliers de documents avait été rendue publique en décembre, suscitant de vives réactions et de nouvelles demandes d'éclaircissements. Le Parisien et Le Monde ont détaillé les premières pièces rendues accessibles.
Des révélations qui posent autant de questions
Les documents déjà diffusés ont permis d'esquisser l'ampleur du réseau d'Epstein et soulevé des interrogations sur d'éventuels complices. Des photos publiées en décembre, notamment montrant l'ancien président Bill Clinton en compagnie d'Epstein, avaient notamment attiré l'attention, rappelle Le Figaro. D'autres éléments ont confirmé qu'une proximité avait existé, à une époque, entre Epstein et Donald Trump, sans pour autant impliquer ce dernier dans des poursuites pénales à ce jour. Trump a reconnu avoir connu Epstein dans les années 1990 mais assure avoir rompu les liens depuis.
Le lourd passif judiciaire d'Epstein
Parmi les pièces attendues figurent celles relatives à la première procédure menée en Floride, en 2008, qui avait abouti à un accord controversé et à une peine aménagée de 13 mois pour Epstein. Cet accord, jugé « trop clément » par de nombreux observateurs et associations de défense des victimes, demeure au coeur des critiques, comme l'ont souligné des analyses publiées par franceinfo. Les parlementaires souhaitent que soient rendus publics l'acte d'accusation et le mémoire récapitulatif de l'enquête de l'époque.
Réactions politiques et demandes de transparence
La décision de rendre publiques ces archives a été soutenue conjointement par des élus républicains et démocrates, impatients d'établir la vérité sur l'étendue du réseau et d'identifier d'éventuels complices. À l'inverse, certains responsables avaient montré une certaine réserve, ce qui a alimenté des accusations de lenteur et de dissimulation, notamment de la part de militants et de proches des victimes.
Quelles suites pour la justice et pour les victimes ?
Les juristes consultés par la presse estiment que la publication pourrait relancer des enquêtes, éclairer des zones d'ombre et, potentiellement, fournir des éléments à de nouvelles procédures. Des associations de soutien aux victimes réclament cependant que la diffusion ne se fasse qu'avec des garanties strictes de confidentialité et d'assistance, pour éviter une revictimisation.
Alors que le décryptage de millions de pages commence, la communauté judiciaire et médiatique américaine — et internationale — s'attend à ce que l'examen complet du dossier révèle à la fois des confirmations et de nouvelles questions, prolongeant encore la longue ombre juridique et politique de l'affaire Epstein.
Pour suivre les publications et les analyses, plusieurs titres nationaux tels que Le Parisien, Le Monde et franceinfo mettent à jour leurs dossiers.







