En 2025, la Manche a été le théâtre de l'arrivée de plus de 41 000 migrants au Royaume-Uni, marquant une hausse significative par rapport aux années précédentes, malgré les tentatives du gouvernement britannique pour endiguer ce phénomène. Alors que l'année 2022 avait déjà vu un chiffre record de 45 774 demandes, les nouvelles arrivées ne montrent aucun signe de ralentissement.
Les données recueillies entre le 1er janvier et le 30 décembre 2025 indiquent qu'au moins 29 migrants ont tragiquement perdu la vie en mer selon un décompte de l'Agence France-Presse (AFP). Les experts soulignent que ces tragédies sont le résultat d'une gestion des frontières souvent perçue comme inefficace. "Il est impératif que les gouvernements adoptent une approche humaine et durable face à cette crise", a déclaré un spécialiste de l'immigration, rappelant que la majorité des migrants proviennent de pays en conflit comme l'Érythrée, l'Afghanistan et le Soudan.
La pression politique autour des mesures migratoires a fortement augmenté depuis l'arrivée au pouvoir de Keir Starmer en juillet 2024. Le parti travailliste, tout en promettant de démanteler les réseaux de passeurs, n'a pas encore réussi à inverser la tendance des arrivées, face à une opposition croissante d'un électorat inquiet face aux politiques migratoires du gouvernement. Nigel Farage, leader du parti anti-immigration Reform UK, a capitalisé sur cette situation, ce qui lui permet de dominer les sondages d'opinion.
En réponse à la montée des demandes d'asile – plus de 110 000 entre octobre 2024 et septembre 2025 – le gouvernement britannique a mis en place de nouvelles mesures restrictives. Cela inclut un accord controversé avec les autorités françaises pour le renvoi de migrants ayant traversé la Manche, suscitant des critiques des organisations de défense des droits de l'homme. Ce mécanisme a eu pour effet d'envoyer uniquement 153 migrants vers la France et d'en accueillir 134, selon les chiffres du Home Office.
En dépit de ces efforts, la traversée continue d'attirer de nombreux candidats, la plupart desquels sont des hommes de plus de 18 ans. Les conditions de vie difficiles, combinées à l'espoir d'un meilleur avenir, les poussent à risquer leur vie sur des petites embarcations. "Nous devons trouver des solutions durables pour répondre aux besoins de ces personnes tout en assurant la sécurité de nos côtes", a commenté un membre d'une ONG de soutien aux migrants.
Face à des scènes de manifestations croissantes devant des centres d'accueil, notamment organisées par des groupes d'extrême droite, le gouvernement est de plus en plus sous pression pour légiférer en matière d'immigration. Les résultats des prochaines élections pourraient bien refléter le sentiment public face à cette situation complexe et tragique.







