Pendant un mois, des chercheurs du CNRS ont exploré les profondeurs marines au large des côtes françaises. De retour le 28 juin dernier, ils ont partagé leurs inquiétantes découvertes sur la présence de milliers de barils de déchets radioactifs, dont certains diffusent encore leur contenu.
3 355 : tel est le nombre de barils radioactifs observés par l'équipe de la mission Nodssum. À bord du sous-marin Nautile, plongeant depuis le navire Pourquoi pas ?, les scientifiques ont exploré une portion des plaines abyssales de l’Atlantique, à 4 700 m de profondeur, et à 1 000 km à l’ouest de Nantes (Loire-Atlantique).
Jusqu'en 1982, plus de 200 000 barils avaient été immergés par plusieurs nations européennes dans une zone couvrant 14 500 km² dans l'Atlantique Nord-Est, un acte désormais interdit. L’objectif de cette mission était de comprendre l'évolution de ces déchets au fil des décennies.
Certains barils sont éventrés
"On observe des poissons, des étoiles de mer, des holothuries – aussi connus sous le nom de 'concombres de mer'. Des fûts reposent là, entourés de vie marine depuis plus de quarante ans. Quelle ironie! Certains barils sont éventrés, et leur contenu s’est complètement répandu”, a déclaré Javier Escartin, géologue marin au CNRS, dans une interview au journal Ouest-France.
Patrick Chardon, expert en radioactivité à l'Université de Clermont-Ferrand, souligne que les niveaux de radiation détectés à bord du navire restent généralement faibles, bien que des analyses plus poussées des échantillons soient prévues en laboratoire. "Nous ne sommes pas à Tchernobyl", a-t-il ironisé.







