Les indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) ont révélé mercredi leur ambition de s'emparer des grandes villes du Nord du Mali. Ils annoncent également que la junte au pouvoir "va tomber", en réponse à l'offensive lancée par leur groupe, en association avec les jihadistes du JNIM.
Cette annonce intervient suite aux déclarations du chef militaire Assimi Goïta, qui a tenté de rassurer sur la situation sécuritaire, affirmant qu'elle était "maîtrisée" malgré les récents événements tragiques sur le terrain, y compris la perte de vies civiles et militaires, ainsi que celle du ministre de la Défense.
Le Mali affronte une crise sécuritaire alarmante, alors que des attaques coordonnées ont ciblé des positions clés de la junte, laissant au moins 23 personnes, entre militaires et civils, dans un choc de violences sans précédent.
Samedi, des attaques spectaculaires initiées par le JNIM et le FLA marquent une étape significative de leur alliance, formée il y a un an contre un ennemi commun : la junte, dans un contexte de tension accrue avec des paramilitaires russes.
Dans une interview à l'AFP, Mohamed Elmaouloud Ramadane a déclaré : "Kidal est déjà sous notre contrôle, et nous visons maintenant Gao, Tombouctou et Ménaka." Il accuse le régime de ne pas pouvoir tenir face à cette offensive conjointe.
La population touareg, traditionnellement nomade, lutte depuis des générations contre la marginalisation dans plusieurs États, notamment le Mali, le Niger et l'Algérie. Leur combat s'accentue autour de la ville critique de Kidal.

Ramadane a souligné que la junte n'a pas le contrôle de la situation, contrairement aux affirmations de Goïta, qui a reconnu une "extrême gravité" et appelé à un "sursaut national".
Mohamed Elmaouloud Ramadane a également exigé le retrait des forces russes du Mali, suite à la progression de la junte qui s'est alliée aux Russes après avoir chassé les troupes françaises en 2022.
Les paramilitaires de l'Africa Corps se sont retirés de Kidal, renforçant les positions des groupes rebelles qui ont bénéficié de ce vide. L'ambassadeur de Russie au Mali a, pour sa part, réaffirmé l'engagement de son pays aux côtés de la junte pour combattre le "terrorisme international".
Récemment, l'armée malienne a mené des frappes aériennes sur Kidal, causant des pertes significatives parmi les combattants rebelles. Ces événements marquent un tournant mémorable dans la lutte pour le contrôle du territoire malien, révélant une dynamique nouvelle et complexe entre les acteurs du pays.
La situation actuelle au Mali rappelle les événements de mars 2012, lorsque les rebelles touareg avaient pris le contrôle de Kidal, Gao et Tombouctou, avant d'être ensuite évincés par des groupes islamistes.
Malgré les efforts de stabilisation, Kidal est à nouveau tombée sous le contrôle des groupes rebelles, dévoilant les défis persistants auxquels la junte et ses alliés font face. Le chaos observé dans la région de Gao, où l'armée malienne a abandonné certaines positions, témoigne de la montée en puissance des groupes armés.







