Le gouvernement de Keir Starmer s'efforce de maîtriser une crise grandissante après des accusations de mensonge au Parlement concernant la nomination de l'ex-ambassadeur aux États-Unis, Peter Mandelson. Alors que la pression monte, le Premier ministre britannique est appelé à démissionner.
En réponse à la situation, Starmer a écarté Olly Robbins, le chef des services diplomatiques, et doit prendre la parole lundi devant le Parlement, comme l'a annoncé son chef de cabinet, Darren Jones.
Le dirigeant travailliste fait face à des critiques croissantes depuis sa décision controversée de nommer Mandelson, avant de le renvoyer en septembre dernier pour avoir prétendument « menti de manière répétée » sur ses relations avec le défunt criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Un récent article du Guardian a révélé que le ministère des Affaires étrangères avait accordé à Mandelson une habilitation de sécurité pour son poste, et ce, malgré un rapport défavorable sur son passé. Des responsables du Foreign Office ont confirmé qu'ils avaient agi en dépit de ces recommandations.
Face à l’opposition, les appels à sa démission se font insistants. La cheffe du parti conservateur, Kemi Badenoch, a fustigé sur X le comportement « malhonnête » de Starmer, affirmant qu'il est temps qu'il parte. Ed Davey, leader des libéraux-démocrates, a acquis une notoriété en disant que si Starmer a induit le Parlement en erreur, il doit se retirer.
Alors que certains voient Olly Robbins comme une victime sacrificielle pour protéger Starmer, Nigel Farage, chef du parti anti-immigration, a commenté sur la radio LBC que cette décision semble plus une tentative de sauver le Premier ministre qu'autre chose.
Tenir des propos trompeurs devant le Parlement est une offense grave au sein de la démocratie britannique. Starmer a toujours insisté sur le fait qu'il n'était pas conscient de la nature des relations entre Mandelson et Epstein, décédé en prison en 2019.
Son chef de cabinet a défendu le Premier ministre, argumentant qu'il n'avait pas trompé le Parlement et que le processus de nomination avait été respecté. Il a également exprimé le mécontentement de Starmer, qui se dit frustré d'avoir découvert ces informations tardivement dans la semaine.
David Lammy, ministre de la Justice et vice-Premier ministre, n'a pas encore fait de déclaration publique sur cette crise. La situation arrive à un moment critique, alors que Starmer se rend à Paris pour une réunion sur la circulation dans le détroit d'Ormuz, aggravé par la récente guerre au Moyen-Orient.
Cette situation difficile pour le Premier ministre, déjà malmené alors qu'il se prépare pour des élections locales difficiles début mai, soulève des questions quant à sa survie politique. Les répercussions de l'affaire Mandelson, précédemment éclipsée par d'autres crises, ont fait naître de nouvelles interrogations sur sa capacité à diriger.
Des révélations précédentes ont également mis en lumière que Starmer avait été informé des risques réputationnels associés à la nomination de Mandelson avant son choix final. Une enquête de police a été ouverte, et des perquisitions réalisées au domicile de l'ancien ambassadeur alors que la lumière se fait sur ses liens avec Epstein.







