Antoine Verglas, un photographe français notoire, est mentionné à plusieurs reprises dans les dossiers Epstein, dévoilant des aspects inédits d'une relation dérangeante avec le financier condamné. En effet, les communications révélées étonnent par leur contenu et mettent en lumière le mécanisme de manipulation du prédateur sexuel.
"Voici quelques clichés pour vos dossiers. Faites-moi savoir si vous souhaitez des tirages", écrivait Verglas à l’assistante d'Epstein en 2013, un e-mail qui souligne la complicité entre les deux hommes. Ce message, classé sous l'objet "LittleStJames_JPEG", fait référence à l'île tristement célèbre où Epstein aurait perpétré des abus. Une révélation de ce type amplifie l'horreur des crimes associés à Epstein, déjà étayés par de nombreuses accusations allant de 1998 à 2019.
Né à Paris en 1962, Verglas a su se faire un nom dans le monde de la photographie de mode. Ses clichés, vantés par des magazines prestigieux comme Vogue et Elle, ont immortalisé des icônes comme Linda Evangelista et Naomi Campbell. Pourtant, en marge de sa carrière, des transactions avec Epstein sont apparues, révélées dans les "Epstein Files", un ensemble de documents divulgués par le ministère de la Justice américain. Verglas a depuis exprimé des regrets, affirmant à Franceinfo : "Je n'étais pas au courant des agissements d'Epstein, mais je déplore ma naïveté". À l’heure actuelle, aucune enquête n’a été ouverte à son encontre, selon le parquet de Paris.
Une carrière teintée de controverses
La première connivence entre Verglas et Epstein remonte à 2008, période durant laquelle Epstein purgait une peine pour sollicitation de prostitution. À cette époque, un virement de près de 11,000 dollars à Verglas a été retrouvé parmi les documents d'Epstein, soulevant des interrogations quant à la nature de leur collaboration. Une nouvelle séance photo a eu lieu en 2012, relançant les soupçons sur la dynamique entre les deux hommes. Verglas a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait que de portraits de groupe, mais aucune preuve concrète de ces photos n’a été retrouvée jusqu’à présent.
Des images comme outil de manipulation
Ce qui trouble dans cet enchevêtrement de relations est l'utilisation par Epstein des photographies comme moyen de domination. Sa volonté de contrôler la diffusion d'images privées révèle une préoccupation constante pour sa réputation et ses machinations. Ses archives contiennent environ 180,000 fichiers, dont certaines images extrêmement compromettantes. Étonnamment, la plupart des contenus à caractère sexuel explicite ont été censurés dans le matériel diffusé, au grand dam de la justice.
Manipulations et séduction
Epstein, de par son influence, a utilisé Verglas comme un appât pour séduire des mannequins aspirant à la notoriété. Des messages échangés révèlent l'intérêt d'un appel à collaborer avec Verglas, incitant plusieurs jeunes femmes à se montrer sous un jour plus suggestif. "Je veux vraiment rencontrer ton ami Antoine, le photographe de nus", disait l'un d'eux, illustrant à quel point cette relation pouvait être exploitée.
Alors qu'une série de nouveaux révélations forment un tableau inquiétant de l'exploitation systémique, cette histoire rappelle les profondeurs de la manipulation dans le milieu de la mode. Les experts appellent à une vigilance accrue pour prévenir toute récidive de ce type de comportements dans l'industrie.







