Paris et Londres s'unissent pour élaborer une réponse internationale qui garantira la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz, une artère vitale du commerce maritime, alors que les tensions au Moyen-Orient persistent, malgré un fragile cessez-le-feu impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran.
Face à la stratégie américaine de blocus, la France et le Royaume-Uni proposent une alternative. Ce vendredi 17 avril, à 14 heures, se tiendra à Paris une conférence organisée conjointement par ces deux pays, qui vise à définir les contours d'une mission maritime dont les détails demeurent encore incertains. Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, co-présideront cette rencontre par visioconférence, avec pour but de coordonner une approche multinationale.
Dans un message partagé sur X, Emmanuel Macron a mis en avant l’intention de l'initiative : "La France et le Royaume-Uni se rassemblent pour organiser une conférence visant à rassembler des pays neutres prêts à contribuer à une mission défensive. Cette mission, intitulée "Initiative pour la navigation maritime dans le détroit d'Ormuz", doit restaurer la liberté de navigation lorsque les conditions de sécurité le permettront.
Une initiative pour défendre la liberté de navigation
La France a maintenu depuis plusieurs semaines une position claire : assurer la sécurité du trafic maritime sans escalade militaire. Dans une déclaration conjointe récente avec l’Allemagne, le Japon, les Pays-Bas et l’Italie, la France avait déjà exprimé être "prête à contribuer aux efforts nécessaires pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit".
Ce rendez-vous survient alors que de nombreux navires restent bloqués dans cette zone, en raison des restrictions imposées par Téhéran et du blocus américain. Selon les dernières informations du palais de l'Élysée, "mercredi, l'Iran a libéré deux navires, tout en en laissant six entrer, tandis que les États-Unis ont empêché dix autres de sortir du détroit".
La volonté de montrer qu'une "troisième voie" est possible
Cette conférence, au format hybride, rassemblera des États "non belligérants" prêts à participer à cette mission. La présence confirmée du chancelier allemand Friedrich Merz et de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni est présentée comme un signe de l' "unité européenne" nécessaire sur cette question. Au total, environ une trentaine de pays sont attendus, y compris des représentants d'Europe, du Moyen-Orient, d'Asie et d'Amérique latine. Bien que les États-Unis et l'Iran ne soient pas conviés, ils ont été informés de cette initiative. L'Élysée a également laissé entendre que "la Chine est la bienvenue".
Une mission défensive aux contours encore flous
Les autorités françaises insistent sur le caractère défensif de cette mission. "Il n’est pas question d’opération offensive. Nous ne faisons pas la guerre et nous ne ferons pas la guerre", a réaffirmé l'Élysée. Cependant, les détails concernant les moyens mobilisés, les règles d’engagement et la coordination avec d'autres forces demeurent flous. La mise en place dépendra des conditions de sécurité, et Emmanuel Macron a précisé que cette mission serait envisagée "lorsque les conditions le permettront".
La France veut empêcher la reprise de la guerre
La France a également souligné, devant l'échec des négociations entre l'Iran et les États-Unis, la nécessité d'un appel à "la consolidation du cessez-le-feu". Paris "refuse la reprise des opérations", alors que la menace d'une escalade demeure. Les États-Unis continuent d'indiquer qu'ils pourraient reprendre leurs frappes militaires si Téhéran faisait un "mauvais choix".
Dans ce contexte tendu, cette conférence s'annonce cruciale pour déterminer l'avenir de la sécurité maritime dans cette région stratégique.







