En réponse à des attaques racistes, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a orchestré une manifestation rassembleuse le samedi 4 avril 2026, attirant des milliers de participants pour dénoncer le racisme.
Samedi dernier, une immense foule s'est rassemblée à Saint-Denis, à l'initiative du maire de la France Insoumise (LFI), Bally Bagayoko. Cet événement, qui s’inscrit dans un débat national sur les discriminations raciales, a vu l'affluence de milliers de manifestants réunis dans une ambiance conviviale, aux côtés de nombreux syndicats, associations, et figures politiques de gauche comme Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot.
« Nous affirmons notre attachement profond aux valeurs de la République, héritées de l’immigration », a déclaré Bally Bagayoko, évoquant les institutions souvent coupables de complicité face au racisme. Depuis son élection, il fait face à une campagne de haine, intensifiée dès le premier tour des élections le 15 mars.
Le « silence » de Macron critiqué
Le maire a précisé que ce rassemblement ne se concentrait pas exclusivement sur son parti, mais visait « à combattre le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie et toutes les formes de discrimination ».
Jean-Luc Mélenchon, à la tribune, a quant à lui dénoncé « une montée de racisme inacceptable en provenance des élites politico-médiatiques, qui affichent un mépris flagrant pour une partie de notre peuple ».
« Nous voulons des maires noirs contre la peste brune », pouvait-on lire sur certaines pancartes, accompagnées de slogans tels que « la jeunesse emmerde le Front national » et « Siamo tutti antifascisti ».
Une enquête en cours
Dès son élection, Bally Bagayoko a été frappé par des attaques faisant suite à ses propres mots, déformés par certains médias en affirmant que Saint-Denis était devenue la « ville des noirs ». Cette manipulation, que Le Parisien a rapportée, a franchi les limites de l’acceptable, lorsque des intervenants ont établi des comparaisons choquantes, notamment liant Bagayoko à la « famille des grands singes ».
Dans la foulée, une plainte a été déposée et une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour faire toute la lumière sur ces commentaires troublants.
Alors que le ministre de l’Intérieur a qualifié ces propos d’« ignobles » et d’« inacceptables », le maire a salué cette réaction tout en soulignant le « silence » persistant du président Emmanuel Macron quant à cette lutte contre le racisme, qu'il considère comme révélateur d'un manque d'engagement.
Avec AFP
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