Karen Audouin, ancienne policière à Brive-la-Gaillarde, se remémore son appel à la procureure, Émilie Abrantes, le lundi 24 octobre 2022, où elle exprimait ses doutes sur l'innocence de Lucas Larivée, alors simple témoin. "J’en suis intimement convaincue", dit-elle. Lors de l'audience, elle retrouve Émilie, marquant leurs échanges et les conséquences tragiques de cette affaire.
Lucas Larivée, âgé de 24 ans, se défend en disant que la mort de Justine était accidentelle, tout en niant les accusations de viol, prétendant qu'il s'agissait d’un rapport consenti. Cependant, les enquêteurs, qui se sont succédé à la barre, concluent que ses intentions étaient néfastes.
Une mère en détresse, un fils totalement détaché
Karen Audouin, évoquant les débuts de l'enquête, rappelle comment ils ont identifié Lucas comme suspect après l'avoir entendu. Elle décrit un moment marquant où elle a vu la mère de Larivée, dévastée, contrastant avec l'attitude froide et détachée de Lucas.
Cette "détresse" chez la mère l'a fait réfléchir : "Une mère sait, au fond d'elle, qui est son enfant. Cette détresse était réelle", confie-t-elle. En revanche, Lucas affichait un sourire qui troublait les enquêteurs.
"Elle l'a payé de sa vie"
Le directeur d'enquête, Emmanuel Lann, présente un portrait inquiétant de l'accusé, qu'il décrit comme un "caméléon", oscillant entre l'amitié et un caractère plus sombre. Ému, il parle de l'impact que ce dossier a eu sur les enquêteurs, notamment en raison de l'âge du suspect. "Lucas a exploité la vulnérabilité de Justine, un objectif qu'elle ne partageait pas et qu'elle a payé de sa vie", ajoute-t-il.
"Ce soir-là, Lucas a profité véritablement de la vulnérabilité de Justine..."
Un moment de sincérité
Le rapport final du directeur d'enquête souligne le contraste entre le "visage angélique et maléfique" de Lucas. Bien que l'avocat de la défense peigne une version différente des faits, les enquêteurs rappellent que le viol peut être commis "par surprise" ou "par contrainte". Comme l'indique l'enquêtrice Alexia Dudognon, Justine n'était pas en pleine possession de ses moyens.
Les enquêteurs se remémorent l'un des rares moments où Lucas a semblé sincère, lorsqu'il a conduit les enquêteurs au site où il avait enterré Justine. Cela a rendu l'équipe d'enquête profondément perplexe : "Je ne sais pas si on aurait retrouvé Justine aujourd'hui sans son aveu", conclut Emmanuel Lann, soulevant des questions sur la vraie nature de cet individu.
Le procès, qui continue de captiver l’attention, doit entendre la famille de la victime. Le verdict est programmé pour vendredi et le public attend, suspendu à chaque révélation de cette affaire tragique.







