Bien que les eaux commencent à redescendre, la normalité est encore loin d'être atteinte en Loire-Atlantique. La Loire a atteint des niveaux alarmants, les plus élevés observés depuis 1995, et les experts estiment que la décrue pourrait s'étendre sur plusieurs semaines.
Stéphane Marlette, hydrologue à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) des Pays de la Loire, souligne que malgré une baisse des alertes, notamment dans la région d’Ancenis, « le retour à la normale n'est pas imminent
». La décrue, nous explique-t-il, sera très progressive. Il ajoute, « nous restons bien au-dessus des seuils de vigilance, et le vert n'est pas à l'ordre du jour
».
Le chef de service aborde la question de la persistance des flots : « Nous avons atteint des niveaux critiques. L’eau du Maine-et-Loire doit maintenant traverser Nantes avant de s'évacuer par l'estuaire
», compare-t-il à un siphon où le vidage devient plus rapide au fur et à mesure qu'on approche du fond.
Une crue mémorable
Les inondations que subit le département sont parmi les plus sévères du XXIe siècle. « Cette crue est comparable à celle de 1995
», confirme Stéphane Marlette, en mentionnant que la station de Monjean-sur-Loire montrait encore 5,65 m lors de la dernière mesure. Avec des prévisions annonçant de nouvelles pluies, la situation pourrait encore évoluer.
Rappel à la vigilance
Alors que nous entrons dans une période printanière, la préfecture lance un appel à la prudence. Même en décrue, les courants restent forts et dangereux. « Les débit exceptionnels de la Loire rendent la situation périlleuse
», précise Marlette, citant des valeurs atteignant 5 000 m³/seconde, cinq fois supérieures au débit habituel.
Le Département de Loire-Atlantique rappelle aux citoyens d'observer scrupuleusement la signalisation et d'éviter les secteurs inondés, car « 30 cm d'eau suffisent à emporter une voiture
».
Des difficultés de circulation subsistent, avec plusieurs routes fermées, en particulier autour d'Ancenis et sur le périphérique de Nantes. La situation reste donc compliquée pour de nombreux habitants, mais les autorités restent mobilisées pour suivre de près l'évolution des eaux.







