PODCAST - Marlene Dietrich, portant un nom qui rappelle l'illustre actrice, se retrouve impliquée dans un traumatisant drame judiciaire. Accusée d'avoir orchestré le meurtre de son compagnon par son amant, elle maintient son innocence, malgré des mensonges et des versions contradictoires qui interrogent sur sa psychologie complexe.
Le 27 octobre 2015, Marguerite de Saint-Mareville signale au commissariat de Cannes la disparition de son fils, Thibault Fenu, 32 ans, dont elle n'a plus de nouvelles depuis une semaine. Très attaché à sa mère, Thibault suscite l'inquiétude. Sa dernière communication avec Marguerite date du 22 octobre, après son retour de Paris avec sa nouvelle compagne, Marlene Dietrich.
Thibault, par message, évoque une Marlene qu'il juge agressive et dont il se sentait surveillé. Pour Marguerite, l’alerte est là : elle surnomme Marlene une personne "toxique". La police de Cannes débute alors une enquête sur cette disparition inquiétante.
Trois jours plus tard, Marlene Dietrich, 33 ans, est interrogée. Elle parle d'une liaison avec Thibault, sans qualifier leur relation de couple. Selon elle, il aurait transporté de la drogue, mais aurait été contraint de laisser une valise chez une amie. Ce que les enquêteurs découvriront plus tard, c'est que cette valise, récupérée par le père de Thibault, ne contenait aucune drogue, mettant en lumière la complexité des allégations de Marlene.
Le suicide de Semaan Mansour
Le 5 novembre 2015, une enquête se penche sur l’enlèvement ou la séquestration possible de Thibault, révélant son attachement pour Marlene, qui se disait harcelée. Alors qu’il échändert des messages avec sa mère, elle demeure en contact avec Semaan Mansour, un jeune homme de 18 ans, identifiant ainsi un autre lien troublant. Placée sur écoute, Marlene suscite des doutes chez les enquêteurs.
En avril 2016, Semaan est convoqué par la police, mais il met fin à ses jours, laissant une vidéo où il laisse sous-entendre que Thibault pourrait être enterré près de Saint-Cézaire-sur-Siagne. Le 4 juillet, Marlene est placée en garde à vue et finit par admettre avoir été témoin du meurtre de Thibault, tué par Semaan lors d'une violente dispute. Elle reconnait aussi avoir aidé à déplacer le corps.
"Il a fallu attendre la cinquième audition pour que Marlene confirme la scène de la bagarre et se dédouane de toute responsabilité, décrivant Semaan comme un homme jaloux ayant commis cette violence", explique Me Delphine Girard Gidel, avocate de la famille de Thibault, sur RTL.
Le profil psychologique particulier de Marlene Dietrich
Le 7 octobre 2022, Marlene se présente devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, clamant son innocence alors que des proches de Thibault portent des t-shirts à son effigie. À écouter les témoins, Semaan, dans ses derniers instants, semble torturé par cette tragédie. Le procès s'intensifie avec la diffusion d’une vidéo de Semaan, entraînant des réactions émotionnelles.
Me Delphine Girard Gidel propose une analyse de la personnalité de Marlene Dietrich. "Il est évident qu'elle sait comment manipuler les éléments autour d’elle pour provoquer des situations explosifs", suggérant une nature plus complexe qu'il n'y paraît. Marguerite Degez, journaliste à La Provence, conclut que l'absence de mobile clair rend l'affaire d'autant plus intrigante.
Condamnée en première et deuxième instance
Le 13 octobre, l'avocate générale requiert vingt ans de réclusion pour Marlene, alors que ses défenseurs soulignent une femme blessée, manipulée par les événements. Marlene est déclarée coupable, exprimant sa désespoir par le biais de ses paroles, "Mais pourquoi ?... Je n'ai rien fait". Deux ans plus tard, de retour devant la cour d'assises, elle se voit infliger 25 ans de prison pour l’assassinat de Thibault, au grand désarroi de ceux proclamant son innocence.
"Jamais nous n'avons su où se trouve le corps, ni les véritables motivations de Marlene", se lamente Marguerite Degez, illustrant ainsi le mystère qui demeure autour de cette affaire tragique.
Les invités de L'heure du Crime
- Me Delphine Girard Gidel, avocate au barreau de Grasse représentant le fils de Thibault Fenu
- Marguerite Degez, journaliste spécialisée en faits-divers au quotidien La Provence.







