La mort de Quentin Deranque à Lyon continue de provoquer des remous dans le paysage politique français. Des séquences vidéo divulguées par Le Canard Enchaîné et BFMTV semblent confirmer l'existence d'une rixe préliminaire entre militants d'extrême droite et d'extrême gauche, survenue avant l'agression mortelle du jeune militant identitaire.
Trois jours après le décès tragique de Quentin Deranque, les tensions sont à leur comble. Les nouvelles images viennent augmentées l'hypothèse d'une confrontation ayant éclaté lors d'une conférence donnée par la députée LFI, Rima Hassan, à Sciences Po Lyon. Un groupe de sept militantes du collectif identitaire d'extrême droite, Némésis, a déployé une banderole pour contester sa présence, accompagné de plusieurs « amis » visant à assurer leur protection. Plus tard, ces derniers ont été « pris à partie par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués », selon le procureur de la République.
Deux groupes venus pour en découdre
Mardi, le Canard Enchaîné a publié des images de l'incident où l'on peut voir que « les deux groupes étaient bel et bien là pour se battre ». D’autres images relayées par BFMTV mettent en lumière des hommes se rassemblant pour une confrontation.
D'après les éléments rapportés par l’hebdomadaire, l'affrontement a débuté peu avant 18 heures à proximité d’une rue du 7e arrondissement, à une cinquantaine de mètres de là où Quentin Deranque a été finalement agressé. Un groupe d’extrême droite, dont certains membres étaient masqués et armés, attendait visiblement l’autre groupe. L’escalade de la violence a commencé par des jets de fumigènes en direction des militants antifascistes. Les témoignages évoquent même l’utilisation d'objets contondants comme des barres de fer et des casques de moto, montrant que l’affrontement était bien préparé.
Un témoin raconte les événements
Un journaliste du Le Progrès a observé la scène et a déclaré avoir vu deux groupes en train de s'affronter. Alors que la majorité des participants s’enfuyaient, « deux ou trois personnes » restaient au sol et recevaient des coups. Un homme, portant une cagoule et saignant du nez, ne se relevait pas. À l’arrivée des secours, il était déjà trop tard.
La version de Némésis contestée
Invitée sur BFMTV, Alice Cordier, directrice de Némésis, a défendu le comportement des « amis » de ses militantes, affirmant qu'ils étaient là pour protéger. Cependant, la famille de Quentin a rétorqué qu’il n’a jamais été lié à une quelconque sécurité ou service d’ordre. Cette version a été rapidement mise à mal par des proches et des experts qui s’interrogent sur le véritable objectif de ces rassemblements.
Dans une interview, un porte-parole du collectif a maintenu que les militants présents avaient agi en légitime défense, en refusant d'admettre que la situation était sous contrôle. L'armement apparent de certains d'entre eux soulève encore plus de questions sur leurs intentions.
Quentin Deranque, gravement blessé, a succombé samedi, après avoir été pris en charge par les secours. Ce mardi, neuf personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête, dont Jacques-Elie Favrot, un assistant parlementaire du député LFI, Raphaël Arnault.







