Un assassin face à la justice : le procès troublant d'Abraham Bomela

Plongée au cœur d'un procès où la folie et la raison se côtoient.
Un assassin face à la justice : le procès troublant d'Abraham Bomela
Le périple meurtrier avait mobilisé plusieurs dizaines de militaires. (Photo Richard BOUHET / AFP)

Le 28 octobre 2023, La Réunion a été le théâtre d'un drame insoutenable. Abraham Bomela, un homme de 38 ans à l'époque, est accusé d'avoir tué sa mère et sa petite cousine de cinq ans, ainsi que d'avoir tenté d'assassiner huit autres personnes lors d'un parcours meurtrier. Lors de son procès qui se déroule à Saint-Denis de La Réunion, il a exprimé sa vision déroutante : "Je préfère être un assassin qu’un pédophile". Ce cri de désespoir a résonné dans la salle d'audience, laissant entrevoir une complexité troublante derrière ses actes.

Lors d'une déposition d'une durée de plus de deux heures, Bomela a expliqué avoir poignardé sa mère au domicile familial avant de s'attaquer à la fillette, se justifiant par un sentiment de méfiance. "Je me méfiais de la petite, je ne voulais pas sombrer dans des actes sexuels, alors je l’ai tuée". Des raisons qui laissent perplexes et qui sont loin d'apporter un sens à un acte si tragique.

Après les meurtres, son parcours chaotique a conduit Bomela à percuter plusieurs piétons, dont un joggeur et une victime à l'intérieur d'un supermarché, où il a laissé derrière lui une traînée de violence. Une tentative désespérée pour échapper à son propre tourment, aggravée par la conduite d'un véhicule considéré comme une arme de destruction massive.

Un discernement altéré

La nécessité de réagir a provoqué l'engagement de près de 70 militaires, parmi lesquels 25 gendarmes du GIGN, pour mettre un terme à son assaut. Retranché dans une agence bancaire, Bomela a tragiquement poignardé un agent d'entretien, avant d'être blessé lui-même lors de son arrestation. Son état a suscité des interrogations sur son discernement au moment des faits. Des experts à l'audience ont souligné que son jugement était altéré, ce qui pourrait considérablement influencer la sentence.

"J'ai tué ma maman à cause de la petite", a-t-il exprimé d'une voix étonnamment calme, confronté à l'ampleur de ses actes. Si les jurés retiennent l'altération de son discernement, il risquerait une peine de 30 ans de réclusion criminelle au lieu de la réclusion à perpétuité, un sujet de débat parmi les experts juridiques. Un cas révélateur d'une justice qui doit naviguer entre responsabilité et maladies mentales, et qui interroge la société dans son ensemble sur la nature du mal.

Lire aussi

Isabelle Adjani face à la justice : le dénouement d'une affaire de fraude fiscale
Isabelle Adjani, condamnée pour fraude fiscale, est réjugée aujourd'hui en appel à Paris. Découvrez les détails de cette affaire qui agite le monde du cinéma.
06h15
Retour sur l'arrestation de trois gangsters à Bordeaux : l'affaire Besse
En 1970, Franck Besse et ses complices sont appréhendés à Bordeaux. Retour sur leurs agissements.
01h13
Un drame à Lilas : une femme retrouvée morte et son compagnon en garde à vue
Un tragique féminicide aux Lilas : corps d'une femme découvert, compagnon placé en détention. Enquête en cours.
25 févr.
Châteauroux : le procès de la mère de Matisse Marchais débute dans un contexte tendu
Le procès de la mère du meurtrier Matisse Marchais se tiendra à Châteauroux le 27 février 2026. Découvrez les enjeux de cette affaire médiatique et les préoccupations autour de la sécurité.
25 févr.
Un taxi fait chavirer un abribus à Paris, plusieurs blessés dont un dans un état critique
Un taxi a percuté un abribus à Paris, blessant trois personnes, dont une grièvement. Selon la conductrice, le véhicule aurait démarré brutalement.
25 févr.
Cergy : le préfet traque les manquements de sécurité au Havana Lounge
Le Havana Lounge de Cergy est épinglé pour de graves manquements aux normes de sécurité incendie, une fermeture administrative s'annonce. Détails sur cet incident préoccupant.
25 févr.