Plus de trois décennies après les faits, Thysia Huisman, ex-mannequin néerlandais, revient sur son agression à Paris et dénonce un système de complicité. Auprès des enquêteurs français, elle réclame l'identification de tous les acteurs ayant permis à ce réseau d'opérer.
Dans un entretien poignant, Huisman relate son expérience d’implémentation dans le monde de la mode et sa rencontre avec Jean-Luc Brunel à Paris, une figure influente mais controversée. Elle dépeint une soirée traumatisante où elle a été droguée avant d’être agressée sexuellement. "J’ai fui cet enfer et n’y suis jamais retournée, jusqu'à porter plainte en 2019 et encourager d'autres à faire de même," confie-t-elle.
Un système bien rodé
Lors de sa rencontre avec Brunel, elle explique avoir été présentée comme une "fille spéciale" devant une promesse de succès dans le mannequinat. "C'était à Paris que j'ai réalisé que quelque chose ne tournait pas rond," explique-t-elle, évoquant des soirées où des hommes puissants côtoyaient des jeunes filles recrutées par Brunel.
Les dégâts personnels engendrés par cette expérience sont profonds. Huisman évoque une lutte de plus de deux décennies avec l’anxiété et la dépression. "Le problème est que je n'en ai parlé à personne pendant longtemps, la honte me paralysait. Se reconstruire prend du temps," dit-elle, tout en mentionnant son livre, Close-Up, comme un moyen de partage et de catharsis.
Une trauma systèmatique
“Je n’ai réalisé l’ampleur du réseau qu’ultérieurement,” dit-elle, soulignant les dîners animés par Brunel. D'après elle, des manigances orchestrées par un système organisé, mêlant pouvoir et abus, étaient à l'œuvre. Ces soirées n'étaient que le reflet d'un réseau bien huilé, attirant de jeunes filles vulnérables vers des hommes riches.
Brunel, selon ses dires, utilisait sa position pour manipuler ses victimes, leur promettant un futur brillant dans le mannequinat tout en leur intimant le silence après qu’elles aient été exploitées. "Il m’a menacée de ne jamais travailler en tant que mannequin," raconte-t-elle.
Appel à la justice
Après la réouverture des enquêtes en France, Huisman exprime des doutes quant au système judiciaire. “Pourquoi tant de temps a-t-il fallu pour agir ? Les victimes ont été abandonnées pendant des décennies. Il est temps d’exiger justice pour tous ceux qui ont été complices,” affirme-t-elle, demandant une attention plus large aux complices historiques qui ont facilité l’existence du réseau.
Un message d'espoir
Huisman adresse un message fort aux victimes hésitant à parler, les encourageant à ne pas se sentir honteuses. "La vérité est le premier pas vers la guérison. Ensemble, nous pouvons mettre fin à ce cycle d'abus," conclut-elle, espérant que sa voix incitera d'autres à dénoncer leurs agresseurs.







