Franck Elong Abé, soupçonné d'avoir mortellement agressé le militant corse Yvan Colonna en mars 2022, sera jugé pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste, selon les déclarations du Parquet national antiterroriste (PNAT) ce dimanche. Cette mise en accusation, confirmée par franceinfo, survient après une instruction ayant eu lieu le 23 avril, qui a déclaré que l'affaire serait examinée par la cour d’assises de Paris.
Le drame s'est déroulé dans la prison d'Arles, où Franck Elong Abé, alors codétenu de Colonna, a attaqué ce dernier pendant qu'il purgait une peine à perpétuité pour le meurtre du préfet Claude Érignac en 1998. Yvan Colonna, âgé de 61 ans à l'époque des faits, a succombé à ses blessures deux semaines après l'agression.
Un détenu d'une "grande dangerosité"
Au moment des événements, Abé était classé parmi les détenus particulièrement signalés (DPS) depuis 2015, en raison de sa violence et de son instabilité. Purgeant plusieurs peines, dont une pour association de malfaiteurs terroriste, il aurait dû être libéré en décembre 2023. Dans ses premières déclarations, il a justifié son acte en affirmant que ce dernier avait blasphémé. Il a également insisté sur le fait qu'il avait agi de manière isolée, sans lien avec un groupe spécifique.
Une récente commission d'enquête parlementaire a souligné, dans un rapport rendu public en mai 2023, de graves défaillances dans l'évaluation de la dangerosité d'Abé, une rigueur excessive du traitement subi par Colonna, ainsi que des dysfonctionnements généraux au sein de l'établissement pénitentiaire. Ce drame met une nouvelle fois en lumière la nécessité d'une réforme en profondeur du système carcéral français, alors que l'opinion publique attend des réponses et des mesures concrètes pour éviter de telles tragédies à l'avenir. En effet, selon des experts en criminologie, la sécurité dans les prisons demeure un enjeu majeur et les incidents tels que celui-ci soulignent une crise de gestion des détenus à haut risque.







