Alors qu'Emmanuel Macron a décerné la Légion d'honneur à une soixantaine de policiers ayant répondu à l'appel lors des attaques du Bataclan le 13 novembre 2015, Alain Giraud, ancien membre de la Brigade anticriminalité (BAC) 75N, exprime sa profonde déception face à l'absence de reconnaissance pour lui et ses collègues. Giraud, qui a été l'un des premiers à se rendre sur les lieux pour porter assistance aux victimes, souligne l'importance d'un hommage approprié.
Flore Maréchal : Vous, aussi, avez bravé les dangers, comme de nombreux autres policiers cette nuit-là. Pouvez-vous nous raconter votre expérience ?
Alain Giraud : Nous avons pris notre service ce soir-là et nous étions déterminés à évacuer les blessés capables de se déplacer. Notre objectif était de les guider en toute sécurité vers les secours extérieurs. Ensuite, la situation a évolué, et notre chef a demandé une intervention directe dans l'enceinte même du Bataclan, où des personnes étaient encore piégées.
Malgré une reconnaissance tardive des événements, la question de notre dénomination parmi les héros de cette nuit tragique reste ouverte. Lors des cérémonies commémoratives précédentes, le président avait reconnu qu'il y avait eu des oublis. Pourtant, malgré ces promesses, nous ne figurons toujours pas sur la liste des décorés. Je ressens un profond sentiment d'injustice face à cette situation.
La ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a promis d'examiner chaque cas de manière individuelle. Cependant, Alain Giraud souligne que ce manque de clarté sur les critères d'attribution de la Légion d'honneur laisse place à l'inquiétude quant à la décision finale.
Afin de rendre la situation encore plus délicate, Giraud rappelle qu'en 2016, ils avaient reçu une médaille de la sécurité intérieure, mais celle-ci ne s'est pas traduite par une reconnaissance à la hauteur de leurs efforts. "Ce n'est pas qu'une question de médailles, mais d'une véritable reconnaissance de l'engagement et du sacrifice de ces hommes et femmes en uniforme," ajoute-t-il.
À l'approche du dixième anniversaire des attentats, la nécessité d'un hommage équitable pour tous les premiers intervenants est primordiale. En espérant un traitement équitable de leur dossier, Alain Giraud reste prudent, concluant que des promesses sans suivis concrets ne signifient pas grand-chose.
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