Les marchés boursiers mondiaux adoptent une attitude prudentielle ce mardi, naviguant entre espoir et inquiétude à l’approche de la fin du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran.
À New York, vers 13H45 GMT, l'indice Nasdaq enregistrait une légère hausse de 0,13 %, tandis que l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,15 %. De son côté, l'indice Dow Jones prenait 0,69 %.
En Europe, la tendance était plus mitigée : à Paris (-0,39 %) et à Londres (-0,59 %), les marchés reculaient légèrement, alors que Francfort (+0,19 %) et Milan (+0,26 %) affichaient des gains timides.
Le marché pétrolier, souvent considéré comme un indicateur de confiance, est resté stable. Le Brent, référence du brut en Europe, a reculé de 0,53 % à 94,97 dollars le baril, tandis que le WTI a cédé 0,59 % à 89,08 dollars.
"Le risque d'une nouvelle escalade une fois le cessez-le-feu terminé ne doit pas être sous-estimé. Si aucun accord n'est atteint d'ici là, cela pourrait déclencher une crise régionale", avertit Andreas Lipkow de CMC Markets.
Entré en vigueur le 8 avril, ce cessez-le-feu, qui a déjà causé des milliers de victimes et perturbé l'économie mondiale, prendra fin mercredi soir. Cela s'accompagne d'une incertitude autour de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran à Islamabad.
Dans un message sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a accusé l'Iran d'avoir "violé le cessez-le-feu à plusieurs reprises". De son côté, aucune confirmation n'a été rapportée quant à une possible visite de JD Vance au Pakistan, et la télévision d'État iranienne a déclaré qu'"aucune délégation" ne s'y rendrait, soulignant l'attente d'un "changement de comportement" de la part des États-Unis.
Si "le détroit d'Ormuz n'est pas rapidement ouvert, une pénurie s'ensuivra, ralentissant la croissance et mettant la pression sur l'inflation," prédit Nicolas Forest de Candriam, indiquant que ces préoccupations semblent pour l'instant largement ignorées par les marchés actions.
Rappelons que les marchés boursiers, qui avaient subi de nombreuses pertes au début du conflit, semblent avoir récupéré leurs gains depuis l'annonce du cessez-le-feu début avril.
Concernant le marché obligataire, l'attention se tourne vers l'audition de Kevin Warsh, le candidat favorisé de Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed), prévue à 14H00 GMT. Cette intervention est d’autant plus scrutée face aux craintes d'une inflation galopante, accentuée par la flambée des prix du pétrole.
Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank, indique que Warsh a suggéré que les gains de productivité liés à l'intelligence artificielle pourraient atténuer cette pression inflationniste, permettant possiblement une réduction des taux par la Fed si cette position est maintenue.
Dans ce climat, le rendement des bons du Trésor américain à deux ans, réactif aux politiques monétaires, se maintenait à 4,25 %, tout comme le taux à dix ans à 3,73 %. En Europe, le "Bund" allemand à dix ans offrait un rendement de 2,97 %, tandis que le taux français baissait légèrement à 3,59 %.
Du côté des résultats d'entreprises, le secteur de la défense domine des deux côtés de l'Atlantique. À Paris, Thales reculait de 5,13 % à 249,80 euros après un chiffre d'affaires supérieur aux attentes, mais des commandes jugées décevantes par les analystes d'UBS.
À Wall Street, RTX, entreprise d'aéronautique et de défense, perdait également 0,52 % à 194,99 dollars, malgré une révision à la hausse de ses prévisions annuelles après un premier trimestre encourageant.
Enfin, dans le secteur technologique, Apple annonce le départ de Tim Cook après quinze ans à sa tête, remplacé par John Ternus, qui devra remédier aux retards en matière d’intelligence artificielle. La valeur de l'action Apple affichait une baisse de 0,33 % lors des premiers échanges à Wall Street.







