Le parquet général a demandé 18 mois de prison avec sursis pour une enseignante retraitée, accusée de harcèlement moral envers une élève, Evaëlle, décédée à 11 ans en juin 2019. Ce lundi, la cour d'appel de Versailles doit se prononcer sur cette affaire délicate qui soulève de nombreuses interrogations.
Lors du procès en appel en février dernier, le portrait de l’enseignante de 63 ans a émergé, oscillant entre rigueur et comportements jugés humiliants. Selon les termes de l'avocate générale, l'accusée aurait « franchi la ligne rouge en humiliant et mettant à l'écart certains élèves », ce qui aurait joué un rôle dans la détérioration de l'état d'Evaëlle.
Élève au collège Isabelle-Autissier, Evaëlle avait du mal à s’intégrer dans son environnement scolaire. Elle était décrite par ses camarades comme « atypique » et « précoce », mais elle subissait régulièrement du harcèlement de la part de ses pairs, aggravé par des tensions avec sa professeure de français. Le drame s’est intensifié lorsqu'Evaëlle a été amenée à répondre, devant toute la classe, à la question : « Pourquoi se sent-elle harcelée ? », une situation déstabilisante qui l’a profondément affectée.
Ce moment de vulnérabilité a laissé des marques indélébiles sur la jeune fille. Ses parents, en plus des critiques incessantes de l’enseignante, évoquent un épisode particulier qui a été extrêmement pénible pour Evaëlle. Celle-ci a qualifié cette journée d'« horrible à vivre », et plusieurs témoins ont confirmé la dureté des remarques de l'enseignante. « L'enseignante criait souvent sur elle », a expliqué l'une de ses camarades, révélant une dynamique de salle de classe hostile envers l'élève déjà fragile.
Pour sa part, l'enseignante a toujours rejeté les accusations, arguant que ses intentions étaient d'aider et non de nuire. Auparavant, en avril 2025, elle avait été acquittée lors d'un procès à Pontoise, le tribunal ayant jugé que les preuves contre elle étaient « discordantes et imprécises », ces comportements étant considérés comme partie intégrante de l’autorité d’un enseignant.
Cette affaire soulève donc des questions cruciales sur le rôle des enseignants et leur impact psychologique sur les élèves. Alors que le verdict de la cour est attendu ce lundi, la mémoire d'Evaëlle continue de hanter ceux qui ont été témoins de sa souffrance et rappellent l'importance d'un environnement scolaire bienveillant.







