Rima Hassan, l'eurodéputée du mouvement La France insoumise (LFI), a été placée en garde à vue ce jeudi à Paris, suite à une enquête du pôle national de lutte contre la haine sur internet, pour des faits qualifiés d'apologie du terrorisme. Cette action fait directement écho à un message controversé qu'elle a publié sur les réseaux sociaux à la fin mars, évoquant un des auteurs de l'attentat perpétré à l'aéroport de Tel-Aviv en 1972.
La garde à vue a été confirmée par des sources internes à LFI ainsi que par des proches de l'enquête, comme rapporté par France Télévisions. Le message en question, supprimé depuis son apparition, évoquait Kozo Okamoto, membre de l'Armée rouge japonaise, qui avait été impliqué dans cette attaque ayant coûté la vie à 26 personnes, y compris des Canadiens et des citoyens américains.
Cette situation a été signalée à la procureure de la République de Paris par le député du Rassemblement national, Matthias Renault, qui a pointé du doigt les paroles de l'élue : "Kozo Okamoto : J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir".
Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a dénoncé ce qu'il considère comme une "police politique", affirmant qu'il n'y a plus d'immunité parlementaire en France. Manon Aubry, une autre eurodéputée du mouvement, a qualifié cette affaire de harcèlement judiciaire.
Une découverte surprenante
Au cours de sa garde à vue, une petite quantité de drogue de synthèse, pesant 1,8 gramme, a été retrouvée dans le sac de l'eurodéputée. Cette substance, identifiée comme une cathinone, un dérivé synthetique du khat, est connue pour ses effets similaires aux amphétamines. Selon des sources proches du dossier, Rima Hassan a déclaré avoir acheté du CBD à Bruxelles et a affirmé que la drogue lui avait été donnée sans qu'elle le sache.
Elle a également contesté la procédure, refusant de signer son procès-verbal de fouille, prétextant que ses explications n’y étaient pas mentionnées. Sa garde à vue a été prolongée pour examens connexes portant sur le transport et l'usage de stupéfiants.
Un passé judiciaire chargé
Ce n'est pas la première fois que Rima Hassan est au cœur d'une telle affaire. Depuis fin 2023, elle fait l'objet d'une enquête judiciaire pour apologie du terrorisme, suite à des déclarations jugées pro-Hamas après l'attaque du 7 octobre. Elle avait déjà été convoquée par la police pour des accusations semblables au printemps 2024.
Forte d'une réputation bien établie en tant que défenseure de la cause palestinienne, Rima Hassan n'hésite pas à exprimer des opinions radicales sur l'État d'Israël, qu'elle désigne comme un "État terroriste". Sa popularité au sein de LFI a été accentuée lors des élections européennes de 2024, où elle s'est illustrée par son engagement envers Gaza, multipliant les interventions médiatiques. Elle a également été temporairement arrêtée par les forces israéliennes lors d'une de ses tentatives pour naviguer vers Gaza afin de dénoncer le blocus humanitaire.
La situation de Rima Hassan soulève un débat plus large sur la liberté d'expression et les limites de la contestation en politique, surtout dans le contexte délicat des relations franco-israéliennes et de la lutte contre le terrorisme.







