La cour d'appel de Paris a examiné, ce jeudi 2 avril, le cas d'Isabelle Adjani, poursuivie pour une fraude fiscale jugée aggravée. L'actrice, condamnée en première instance pour avoir prétendument établi une domiciliation fictive au Portugal, a entendu les réquisitions du parquet qui propose une peine de prison avec sursis de 18 à 24 mois ainsi qu'une amende de 250 000 euros. La décision finale sera rendue le 1er juillet.
Lors de l'audience, Adjani, âgée de 70 ans, a pu défendre sa position après avoir été absente lors de son premier procès. L'avocat général Laurent Couderc a insisté sur la nécessité de maintenir la condamnation initiale, arguant que les faits restent inchangés. "Je me retrouve face à une forme d'animosité personnelle à mon encontre", a affirmé l'actrice, visiblement quelque peu troublée par les accusations.
Victime plutôt que coupable
Le jour précédent, Adjani avait tenté de se disculper, se présentant comme une victime de prédateurs, citant des escroqueries dont elle aurait été la proie. "Je n'ai jamais rempli de déclaration d'impôts, heureusement, car cela aurait été désastreux ", a-t-elle déclaré, révélant sa phobie des démarches administratives.
La première condamnation en 2023 reposait sur plusieurs manquements, incluant sa prétendue domiciliation au Portugal et la dissimulation d'une donation. "J'ai laissé des professionnels s'occuper de mes affaires", a-t-elle défendu, rejetant la responsabilité sur ses conseillers.
Une bataille contre l'incompréhension
Le débat a mis en lumière la complexité de sa situation fiscale, avec des avocats comme Ralph Boussier, représentant la Direction générale des finances publiques, arguant que l'ensemble de ses manœuvres semble indiquer une volonté de dissimuler ses obligations financières. "Sa vie fiscale ressemble à un habillage permanent", a-t-il affirmé.
Concernant les deux millions d'euros reçus d'un ami, Mamadou Diagna Ndiaye, Adjani a également nié avoir cherché à dissimuler une donation pour éviter des droits de mutation. "Je n'ai cherché à escroquer personne", a-t-elle réagi.
L'actrice a déjà remboursé 1,3 million d'euros et espère un traitement empathique. Son avocat, Me David Lepidi, a plaidé pour sa relaxe, évoquant le manque d'empathie du ministère public. Le procès se poursuit, laissant planer des questions sur l'équilibre entre célébrité et responsabilité fiscale.







