Lors de l'ouverture du Forum national sur le développement, le 22 mars, le premier ministre chinois, Li Qiang, a annoncé que la Chine s'engageait à accroître ses importations. Après avoir enregistré un excédent commercial impressionnant en 2025, malgré les tensions commerciales avec les États-Unis, cette déclaration soulève des questions sur une possible réorientation des relations commerciales mondiales.
Li a déclaré : « Nous allons résolument promouvoir une ouverture de haut niveau, en important davantage de biens étrangers de qualité et en collaborant avec tous pour favoriser un développement commercial optimisé et équilibré », rapporté par l'agence Chine Nouvelle. Dans ce contexte, il a également critiqué le protectionnisme croissant, affirmant qu'il « ne peut pas résoudre les problèmes ».
L'excédent commercial record
Si la volonté de Li Qiang se concrétise, cela pourrait marquer un tournant notable dans la dynamique économique de Pékin, qui a longtemps bâti sa puissance sur des exportations massives. Les récentes mesures tarifaires des États-Unis, sous l'administration Trump, ont entraîné une baisse de près de 20 % des exportations chinoises vers ce pays. Néanmoins, Pékin a réagi en redirigeant ses exportations vers d'autres marchés comme l'Asie du Sud-Est et l'Europe, vue comme un « marché de déversement », selon Emmanuel Macron.
Malgré les pressions extérieures, l'excédent commercial chinois a atteint un sommet de 1 200 milliards de dollars (environ 1 035 milliards d'euros) en 2025, un exploit qui contredit les attentes de fragilisation de l'économie chinoise. Au début de 2026, les exportations continuent de croître, représentant un besoin vital pour le régime, notamment à une époque où la consommation intérieure montre des signes d'essoufflement et l'immobilier demeure en crise.
Une relation déséquilibrée avec l'Europe
L'initiative du premier ministre devrait être bien perçue en Europe, étant donné le déséquilibre commercial actuel. En 2024, l'Union européenne a enregistré un déficit de plus de 300 milliards d'euros pour les biens échangés avec la Chine. Alors que la Chine tente de rediriger une partie de ses exportations, l'UE, en tant que principal partenaire commercial de Pékin, a récemment imposé des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques en provenance de Chine, cherchant à rééquilibrer les échanges.
En somme, cette promesse d'importations accrues pourrait transformer le paysage commercial mondial, mais reste à voir comment ces engagements seront mis en œuvre. La coopération ou l'affrontement, voilà le véritable dilemme qui attend les acteurs économiques internationaux dans cette nouvelle ère.







